La remise officielle de 1 422 nouvelles cartes d’égalité des chances aux personnes en situation de handicap au Bénin suscite des réactions contrastées et ouvre de nouvelles perspectives. La ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a procédé à cette distribution qui porte à plus de 6 100 le nombre total de cartes confectionnées par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP) et remises au ministère pour une distribution progressive sur l’ensemble du territoire. Ce geste, salué par les bénéficiaires, relance le débat sur l’inclusion sociale et les défis de sa mise en œuvre.
Un sésame pour l’accès aux droits préférentiels
Instituée par la loi portant protection et promotion des droits des personnes en situation de handicap, la carte d’égalité des chances ne se limite pas à un simple document administratif. Elle constitue un instrument juridique et social majeur, garantissant un accès prioritaire à plusieurs services essentiels :
- Prise en charge sanitaire : tarification préférentielle et gratuité de certains soins spécifiques ou appareillages orthopédiques dans les formations sanitaires publiques.
- Éducation et formation : exonération ou réduction des frais de scolarité dans les établissements publics, avec un accès prioritaire aux bourses d’études et de formation professionnelle.
- Transports et emploi : facilités d’accès aux transports en commun et mesures d’encouragement à l’insertion socioprofessionnelle dans les secteurs public et privé.
Lors de la cérémonie, la ministre Véronique Tognifodé a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la vision du gouvernement de faire des personnes vulnérables de véritables « privilégiés de la République », en brisant les barrières de la stigmatisation et de l’exclusion économique.
Réactions des bénéficiaires et des associations
La Fédération des Associations de Personnes Handicapées du Bénin (FAPHB) a salué la continuité du programme tout en appelant les familles et les ayants droit à se rendre dans les Guichets Uniques de Protection Sociale (GUPS) pour faire valoir leurs droits. Des bénéficiaires expriment leur soulagement mais aussi leurs attentes quant à l’effectivité des avantages promis. « Cette carte change notre quotidien, mais nous espérons que les services suivront », confie l’un d’eux.
Perspectives : extension nationale et défis à venir
Le processus de délivrance repose sur une traçabilité rigoureuse gérée avec l’ANIP et le réseau des GUPS. Chaque demandeur est soumis à une évaluation médicale par des médecins agréés par l’État, permettant d’établir le taux d’incapacité et la nature du handicap. L’ANIP et le ministère poursuivent le déploiement des opérations dans les 12 départements du pays pour couvrir les milliers de dossiers en cours d’instruction. L’enjeu est désormais de garantir que cette dynamique se traduise par une amélioration concrète des conditions de vie des personnes handicapées.