C’est une question qui mérite d’être posée : alors que les défis économiques et sociaux se multiplient dans l’espace francophone, le Bénin peut-il réellement peser sur les décisions qui façonnent l’avenir du dialogue social ? Du 28 au 30 septembre 2026, une délégation béninoise conduite par Abdoulaye Bio Tchané, président du Conseil économique et social (CES), se rend à Bucarest, en Roumanie, pour participer aux travaux du Bureau et à l’Assemblée générale de l’Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires francophones (UCESIF). Un rendez-vous qui pourrait bien redéfinir les équilibres au sein de l’organisation.
Pourquoi cette session de l’UCESIF revêt-elle une importance stratégique pour le Bénin ?
Réunies au Palais du Parlement roumain, les délégations des pays membres planchent sur des enjeux de fond : le dialogue social, la gouvernance participative et la résilience économique. Pour le Bénin, cette participation s’inscrit dans la continuité de la 8ᵉ mandature du CES, qui place le rayonnement international et l’ouverture aux meilleures pratiques au cœur de sa feuille de route. Il ne s’agit pas d’une simple présence protocolaire, mais d’une véritable immersion dans les instances où se dessinent les orientations futures de la francophonie institutionnelle.
Quels sont les chantiers prioritaires portés par la délégation béninoise ?
Durant ces trois journées d’échanges, les travaux de la délégation s’articulent autour de plusieurs axes déterminants :
- Validation des orientations budgétaires et administratives : examen des rapports d’activité, évaluation de la gestion financière et définition de la feuille de route opérationnelle de l’UCESIF pour les prochains exercices.
- Renforcement du partenariat francophone : consolidation des synergies entre institutions membres afin de transformer les concertations citoyennes en véritables leviers pour les politiques publiques nationales.
- Coopération bilatérale : rencontres de travail en marge des sessions plénières avec les présidents des CES d’Afrique et d’Europe, pour partager les expériences en matière d’inclusion économique et de dialogue social.
Quel rôle pour les assemblées consultatives dans la stabilité des nations ?
En portant activement les propositions béninoises au sein de l’UCESIF, Abdoulaye Bio Tchané réaffirme le rôle stratégique des assemblées consultatives dans la stabilité et le développement durable. Face aux mutations économiques mondiales et aux défis de l’emploi des jeunes, l’Assemblée générale de Bucarest offre au Bénin une tribune privilégiée pour faire valoir ses initiatives nationales tout en s’inspirant des modèles réussis du réseau francophone. Les conclusions et résolutions adoptées à l’issue de ces assises serviront de socle aux futures actions conjointes de l’Union.
Un tournant pour la diplomatie économique béninoise ?
Cette implication croissante du Bénin dans les instances francophones pourrait bien marquer un tournant. En plaçant le dialogue social et la gouvernance participative au centre des préoccupations, le pays entend peser sur les décisions qui touchent directement ses citoyens. Reste à voir si les résolutions de Bucarest se traduiront par des avancées concrètes pour l’emploi des jeunes et la résilience économique dans l’espace francophone.