Le Bénin mise sur ses stocks de carburant pour six mois d’autonomie
Le porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, a confirmé une autonomie record de trois à six mois pour les réserves stratégiques de carburant du pays. Une annonce qui balaye toute crainte de pénurie, malgré la recrudescence des files devant certaines stations-service ces derniers jours.
Pour l’exécutif, cette abondance de stocks représente un filet de sécurité majeur face aux fluctuations du marché international et aux tensions locales persistantes.
Des réserves en hausse : de un à six mois de consommation
Les stocks actuels permettent désormais de couvrir entre trois et six mois de consommation, contre seulement un mois il y a peu. Cette progression significative est saluée comme un tournant stratégique pour le pays, renforçant sa résilience face aux chocs d’approvisionnement.
Wilfried Léandre Houngbédji a précisé que cette montée en puissance des réserves résulte d’une politique volontariste d’anticipation des besoins, combinée à une gestion rigoureuse des importations.
Pourquoi les files d’attente persistent-elles ?
Malgré cette autonomie avérée, des tensions persistent sur certains points de vente. Le porte-parole du gouvernement en explique l’origine par un report massif des consommateurs du marché informel vers les stations-service.
En effet, lorsque le prix du carburant sur le marché parallèle (le « kpayo ») dépasse celui des pompes officielles, une partie de la clientèle se tourne vers le réseau formel. Résultat : des files d’attente se forment ponctuellement, bien que les réserves nationales restent largement suffisantes.
Le marché informel, un concurrent difficile à maîtriser
Près de 70 % des consommateurs béninois s’approvisionnent traditionnellement sur le marché parallèle, où les prix sont souvent plus attractifs. Lorsqu’ils reviennent vers les stations officielles, la demande instantanée peut dépasser la capacité d’approvisionnement local à court terme.
Cette situation avait poussé le ministère du Commerce intérieur à organiser une réunion d’urgence le 14 octobre à Cotonou. L’objectif ? Mobiliser les acteurs du secteur pétrolier pour renforcer les livraisons et rétablir un équilibre sur l’ensemble du territoire national.
Un prix officiel maîtrisé, malgré la conjoncture internationale
Le gouvernement a choisi de maintenir le prix du litre d’essence à 725 FCFA, limitant l’impact de la hausse des cours mondiaux sur le pouvoir d’achat des ménages. Cette décision, prise après arbitrage au plus haut niveau, vise à protéger les citoyens des secousses économiques externes.
Les opérateurs du secteur sont désormais invités à accélérer le remplissage des cuves et à améliorer la qualité du service en station, pour répondre aux sollicitations accrues sans tarder.
Vers une normalisation progressive des approvisionnements
Avec des réserves assurant six mois d’autonomie, le Bénin dispose d’un levier important pour stabiliser son marché intérieur. Reste à gérer la transition entre l’offre formelle et la demande historique du marché parallèle, un défi qui mobilise actuellement toutes les énergies.
Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’impact des mesures prises et ajuster la stratégie nationale en conséquence.