L’opposant Fakaba Sissoko interpelle le pouvoir en place lors de l’indépendance du Mali
À l’occasion de la fête de l’indépendance du Mali, célébrée chaque 22 septembre, le général Assimi Goïta, président de transition, a livré un discours aux accents optimistes. Il a mis en avant les avancées économiques du pays, réaffirmé son engagement dans la lutte contre les groupes armés terroristes et évoqué une nécessaire réconciliation nationale. Arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2020, il dirige le Mali depuis plus de six ans sans organiser d’élections, s’appuyant notamment sur le soutien du groupe russe Africa Corps et sur l’Alliance des États du Sahel (AES) pour renforcer sa légitimité.
Un discours contesté par l’opposition malienne
Les voix critiques envers le régime transitionnel sont rares au Mali, où les opposants subissent une forte censure. Pourtant, Fakaba Sissoko, figure de l’opposition en exil et porte-parole de la Coalition des forces pour la République (CFR) dirigée par l’imam Dicko, a réagi avec fermeté. Dans un entretien accordé à la presse, il a dénoncé le bilan de la transition et réclamé des comptes aux dirigeants actuels.
« On peut aimer profondément le Mali, soutenir nos soldats et défendre notre souveraineté sans pour autant fermer les yeux sur les défaillances du pouvoir », a-t-il déclaré. Pour lui, les Maliens aspirent avant tout à des résultats concrets : sécurité retrouvée, accès à l’emploi, électricité stable, liberté d’expression et perspectives politiques claires.
Un bilan controversé et des critiques ciblées
Fakaba Sissoko a vivement critiqué l’absence de mention de la Russie dans le discours du président Goïta, qualifiant ce silence de « aveu d’échec ». Il a rappelé les récents revers militaires, comme l’attaque de Dioura, où plus d’une centaine de soldats maliens ont péri sous les coups du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à al-Qaïda. Ces événements illustrent, selon lui, l’échec de la stratégie sécuritaire actuelle.
« L’état de délabrement du Mali n’a jamais été aussi critique dans notre histoire », a-t-il souligné. « Je ne peux pas célébrer cette fête nationale : je la vis comme un deuil. La gestion du pays par ce régime est une honte pour tous les Maliens ».
L’opposition en exil : une force en devenir ?
La CFR, qui regroupe des opposants politiques et de la société civile malienne, mise sur la mobilisation depuis l’étranger pour faire entendre sa voix. Malgré les obstacles, ces mouvements pourraient-ils représenter une menace pour les dirigeants de l’AES ? Une question qui interroge sur l’avenir politique du Mali et la capacité des exilés à peser sur les décisions nationales.