Une stratégie africaine qui se précise : Sonelgaz étend son influence au Sénégal
Le géant énergétique algérien Sonelgaz accélère sa stratégie de pénétration en Afrique de l’Ouest. Après avoir consolidé sa présence au Mali, au Niger, au Cameroun, au Bénin et en Mauritanie, l’entreprise se tourne désormais vers le Sénégal. Une offensive révélée par la signature de deux mémorandums d’entente avec la Senelec, qui marque un tournant dans les relations énergétiques entre Alger et Dakar.
Derrière cette avancée se cachent des enjeux bien plus profonds qu’une simple coopération technique. L’Algérie mise sur son expertise pour s’imposer comme un acteur clé du secteur électrique et gazier en Afrique subsaharienne, tandis que le Sénégal, en pleine transition énergétique, cherche à sécuriser son approvisionnement et à développer ses infrastructures.
L’ingénierie algérienne au cœur des discussions énergétiques
Lors d’une rencontre de haut niveau à Alger, le ministre algérien de l’Énergie, le Dr Mourad Adjal, et son homologue sénégalais, El Hadji Abdourahmane Diouf, ont échangé sur les modalités d’un partenariat ambitieux. L’objectif ? Transférer le savoir-faire algérien et accompagner le Sénégal dans le développement de ses capacités de production et de distribution d’électricité et de gaz.
Cette collaboration s’articule autour de plusieurs axes stratégiques :
- Le renforcement des infrastructures électriques : modernisation des réseaux et optimisation de la distribution ;
- L’exploitation du gaz naturel : valorisation des ressources sénégalaises grâce à l’expertise algérienne ;
- La formation des cadres locaux : transfert de compétences pour autonomiser les équipes sénégalaises ;
- Le développement de l’interconnexion régionale : création de corridors énergétiques pour renforcer la stabilité du réseau.
Pourquoi le gaz naturel est-il au centre des négociations ?
Le Sénégal, qui s’apprête à rejoindre le cercle des pays producteurs de gaz, a besoin d’un partenaire capable de l’accompagner dans l’exploitation et la transformation de cette ressource. L’Algérie, leader continental en matière de gaz, propose une expertise éprouvée en production d’électricité à partir de cette énergie fossile. Les discussions ont donc logiquement porté sur des projets concrets :
- Construction de centrales électriques alimentées au gaz ;
- Développement de pipelines pour relier les nouveaux gisements aux zones de consommation ;
- Mise en place de mécanismes de partage des bénéfices pour garantir une équitable répartition des revenus.
Un partenariat gagnant-gagnant pour le Sénégal et l’Algérie
Pour le Sénégal, l’alliance avec Sonelgaz représente une opportunité majeure : réduire sa dépendance énergétique, accélérer son industrialisation et bénéficier d’un soutien technique et financier à moindre coût. Le ministre sénégalais El Hadji Abdourahmane Diouf a d’ailleurs salué « un partenaire fiable » sur lequel Dakar compte s’appuyer pour les années à venir.
De son côté, l’Algérie renforce son influence économique en Afrique et consolide sa position de puissance énergétique régionale. En exportant son modèle, Alger ne se contente pas de vendre des hydrocarbures : elle vend une vision intégrée de l’énergie, de la production à la distribution, en passant par la formation et l’innovation.
Un accord historique attendu pour décembre à Dakar
Cette première étape, marquée par la signature de mémorandums, n’est qu’un avant-goût de ce qui pourrait devenir une coopération structurante. Les deux pays ont déjà planifié une nouvelle phase : la signature d’un accord gouvernemental global, prévue à Dakar en décembre. Ce texte devrait encadrer les modalités pratiques de la collaboration, avec des engagements concrets sur les investissements, les technologies et les calendriers de réalisation.
Avec cette offensive, Sonelgaz et l’Algérie confirment leur ambition de jouer un rôle central dans l’avenir énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Une stratégie qui pourrait bien redessiner la carte des alliances économiques sur le continent.