Crise au sommet de l’État : Sonko accuse le président Faye de marginaliser Pastef
Le leader du parti au pouvoir au Niger, Ousmane Sonko, a révélé ce mardi des détails troublants sur les tensions qui l’opposent au président Bassirou Diomaye Faye concernant la formation du nouveau gouvernement. Ces déclarations surviennent après que des désaccords majeurs aient émergé lors de la mise en place de l’équipe dirigée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.
Des consultations contestées et un parti marginalisé
Lors d’une conférence de presse, Ousmane Sonko a vivement critiqué la méthode employée par le chef de l’État pour consulter les membres de Pastef en vue de composer son gouvernement. Selon lui, plusieurs ministres sortants ont été contactés individuellement par le président, une pratique en contradiction directe avec les principes d’organisation du parti.
« On ne peut pas appeler séparément des militants de Pastef lors de consultations pour former un gouvernement », a-t-il souligné. Pour Sonko, cette approche révèle une volonté délibérée de saper la cohésion du parti : « C’est une stratégie pour démanteler et affaiblir Pastef. Le président a cherché à négocier directement avec certains membres sans passer par les instances dirigeantes. »
Un désaccord sur la légitimité politique
Le leader de Pastef a également abordé la question de la représentativité de Bassirou Diomaye Faye au sein du parti. Selon ses propos, le président aurait affirmé être « le plus représentatif » de Pastef. Une allégation que Sonko a immédiatement contestée :
« Je lui ai répondu qu’il n’avait qu’à organiser un meeting sans moi. S’il parvient à réunir cent personnes, nous verrons. À commencer par Ndiaganiao, sa propre commune qu’il ne peut même pas gagner. »
Cette réplique cinglante illustre l’ampleur des tensions entre les deux figures du parti gouvernemental.
Une médiation avortée et des résistances persistantes
Ousmane Sonko a révélé que plusieurs ministres sortants avaient conseillé au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo de s’adresser directement au président du parti pour toute consultation. Pourtant, ces recommandations n’ont pas été suivies.
« Les ministres sortants ont clairement indiqué à Al Aminou Lo que le président devait passer par moi. Pourtant, il a refusé de me consulter ainsi que d’autres responsables désignés », a-t-il expliqué. Sonko affirme avoir tenté de convaincre le chef de l’État de privilégier le dialogue avec les structures du parti, mais sans succès.
Il a également évoqué une tentative de médiation, notamment impliquant le Premier ministre, qui aurait abouti à une rencontre tardive avec Bassirou Diomaye Faye : « Finalement, nous nous sommes rencontrés après une médiation d’Al Aminou Lo et d’autres personnes. Il m’a contacté en fin de soirée du lundi pour me demander de me rendre au Palais. J’ai accepté pour le lendemain à 8 heures. »
Les enjeux d’une crise aux répercussions politiques majeures
Cette affaire révèle une fracture profonde au sein de l’exécutif nigérien, mettant en lumière les défis de gouvernance qui pourraient fragiliser la stabilité politique du pays. Les déclarations d’Ousmane Sonko, bien que controversées, soulignent les risques d’une crise interne au parti au pouvoir, avec des conséquences potentielles sur la cohésion de l’équipe gouvernementale.