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Allégement des formalités au port de Douala : la suspension du BESC actée pour le transit

Une évolution majeure vient marquer le secteur des transports en Afrique centrale. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC) a officiellement suspendu l’obligation de présenter le Bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC) pour les marchandises circulant sur les corridors Douala-N’Djamena et Douala-Bangui. Cette mesure, annoncée par le directeur général Auguste Mbappe Penda, s’applique immédiatement et concerne l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique, notamment les transporteurs, les transitaires et les chargeurs opérant vers le Tchad et la République centrafricaine.

Mis en place il y a deux décennies, le BESC avait pour mission initiale d’assurer la traçabilité des produits et de collecter des données statistiques sur les échanges commerciaux. Cependant, son application systématique aux marchandises en simple transit était devenue une source de tensions croissantes. Les opérateurs économiques tchadiens et centrafricains pointaient régulièrement du doigt la multiplication des coûts et des lourdeurs administratives au départ du port de Douala.

Une réponse aux engagements du forum de N’Djamena

Cette décision de suspension concrétise les engagements pris lors du 5e forum tripartite entre le Tchad, le Cameroun et la RCA, organisé en mai 2026 dans la capitale tchadienne. Cette rencontre de haut niveau visait à lever les barrières entravant la fluidité du commerce sur l’axe transcamerounais. Les experts ont souligné que les difficultés techniques liées à l’interconnexion des systèmes d’information entre les différents conseils des chargeurs de la CEMAC rendaient l’outil contre-productif.

En attendant une harmonisation technologique complète à l’échelle régionale, cette pause administrative est perçue comme un signal fort envoyé par les autorités camerounaises à leurs partenaires de l’hinterland. Il est toutefois précisé que les dispositifs de contrôle et de suivi gérés par la douane camerounaise restent en vigueur pour garantir la sécurité des flux.

Sécuriser les 410 milliards de FCFA de recettes de transit

Pour le Cameroun, l’enjeu dépasse la simple simplification bureaucratique. Le transit des marchandises vers le Tchad et la République centrafricaine génère plus de 410 milliards de FCFA de recettes annuelles pour les douanes nationales. Le port de Douala, véritable poumon économique, doit impérativement rester compétitif face à l’émergence de routes alternatives.

La concurrence régionale s’intensifie : N’Djamena lorgne de plus en plus vers les infrastructures portuaires du Nigeria, comme Lagos, ou les débouchés soudanais. De son côté, Bangui étudie les possibilités offertes par le corridor congolais via Pointe-Noire. Dans ce contexte, la suppression de procédures jugées superflues est une stratégie défensive nécessaire pour maintenir l’attractivité de la plateforme portuaire camerounaise.

Des défis logistiques qui persistent

Si les professionnels du transport accueillent favorablement cette suspension, ils rappellent que le chemin vers une logistique optimale reste long. Les nombreux contrôles routiers, parfois irréguliers, le long des corridors et les délais de traitement des marchandises au port de Douala demeurent des obstacles majeurs. Ces facteurs continuent d’alourdir les coûts finaux pour les consommateurs de la sous-région.

La modernisation des outils numériques et une meilleure coordination entre les services de l’État seront déterminantes pour transformer cet essai. Pour les acteurs de la CEMAC, cette réforme documentaire n’est qu’une étape vers une restructuration plus profonde de la gestion du fret en Afrique centrale.

Allégement des formalités au port de Douala : la suspension du BESC actée pour le transit
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