Le Burundi exhorte la communauté internationale à agir face à l’escalade des violences en RDC
Le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a lancé un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle accroisse son engagement en faveur de la stabilité de l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Lors d’une rencontre diplomatique à Bujumbura, il a souligné l’urgence d’une action coordonnée face à la persistance des violences et au non-respect des accords de paix conclus récemment.
Un accord de Washington en échec
L’Accord de Washington, signé sous l’égide des États-Unis entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, peine à produire les effets escomptés. Selon le diplomate burundais, les combats entre les forces gouvernementales congolaises et la rébellion de l’AFC/M23 — soutenue par Kigali — continuent de fragiliser la région. Malgré le retour de certains réfugiés, de nombreuses zones restent sous la menace des affrontements, provoquant de nouveaux déplacements de populations.
« Les accords signés n’ont pas été pleinement respectés. Des progrès ont permis à des réfugiés de regagner leurs foyers, mais d’autres régions sombrent dans l’insécurité, forçant des milliers de Congolais à fuir vers les pays voisins. Une implication renforcée de la communauté internationale est indispensable pour soutenir les initiatives régionales déjà engagées. »
Renforcement des relations bilatérales entre la RDC et le Burundi
Au-delà des tensions sécuritaires, la rencontre a permis d’aborder des sujets bilatéraux majeurs. Les deux pays ont réaffirmé leur volonté de consolider leur coopération diplomatique, notamment sur des dossiers comme la construction de l’ambassade du Burundi à Kinshasa ou la gestion du Secrétariat exécutif de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs). Le ministre congolais Floribert Anzuluni a salué le rôle du Burundi dans l’assistance humanitaire aux réfugiés congolais présents sur son territoire.
Préparation du sommet de la CIRGL
Une réunion de la Troïka de la CIRGL est en préparation pour évaluer la situation sécuritaire dans la région et examiner les contributions financières des États membres. Le Burundi, actuellement président de l’Union africaine, a rappelé son engagement à faire taire les armes sur le continent, un objectif central de la présidence d’Évariste Ndayishimiye.
Une alliance militaire stratégique
Depuis mars 2023, la RDC et le Burundi sont liés par un accord bilatéral de défense. Face à la recrudescence des violences dans l’est de la RDC, Bujumbura a mobilisé des milliers de soldats pour appuyer les Forces armées de la RDC (FARDC) et sécuriser leur frontière commune. Cette collaboration s’inscrit dans une réponse collective aux défis sécuritaires de la région des Grands Lacs.
Impasse diplomatique et conséquences humanitaires
Malgré les multiples rounds de négociations, notamment à Doha et lors du processus de Washington, les violations du cessez-le-feu persistent. Chaque partie interprète les termes de l’accord à sa manière, bloquant toute avancée concrète. Cette situation aggrave la crise humanitaire, avec des combats qui se poursuivent sans relâche et des populations civiles prises pour cible. Les médiateurs internationaux, dont les États-Unis et le Qatar, peinent à imposer une solution durable.
L’est de la RDC reste donc un foyer de tensions où l’absence de respect des engagements internationaux alimente un cycle de violence difficile à briser. Face à cette urgence, l’appel du Burundi à une mobilisation accrue de la communauté internationale résonne comme un dernier recours pour éviter l’embrasement total de la région.