La rencontre entre l’ambassadrice de Cuba au Bénin, Mme Denisse Amaro Salabarría, et les responsables de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCI Bénin) a produit ses premiers effets. Au-delà des déclarations d’intention, cette audience ouvre une séquence de suivi concret, avec des réactions immédiates du côté des opérateurs économiques béninois et une feuille de route qui doit transformer l’essai.
Une feuille de route pour matérialiser la relance
Les deux parties ont acté la mise en place d’un mécanisme de suivi régulier des engagements. L’objectif affiché : éviter que cette dynamique ne retombe après les discussions. Plusieurs échéances sont déjà évoquées, notamment la participation d’entreprises béninoises à la Foire Internationale de La Havane (FIHAV), un rendez-vous commercial de premier plan dans la Caraïbe. Cette présence serait la première traduction tangible de la volonté de relance.
Les secteurs qui concentrent les attentes
Du côté béninois, les réactions soulignent un intérêt marqué pour des domaines où Cuba dispose d’une expertise reconnue. Quatre pistes se dégagent :
- L’agro-industrie et la production alimentaire, un enjeu de souveraineté pour Cotonou
- Les énergies renouvelables, alors que le Bénin cherche à diversifier son mix énergétique
- Le tourisme et l’ingénierie culturelle, avec un potentiel de coopération Sud-Sud
- La biotechnologie et l’industrie pharmaceutique, un savoir-faire cubain de renommée mondiale
Le Bénin comme porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest
La délégation de la CCI Bénin a profité de l’occasion pour repositionner le pays comme hub logistique incontournable. La modernisation continue du Port Autonome de Cotonou est présentée comme un argument clé pour convaincre les opérateurs cubains d’utiliser le Bénin comme base arrière vers les marchés ouest-africains. Une perspective qui, si elle se concrétise, pourrait redessiner les flux commerciaux dans la sous-région.
Un héritage de coopération à actualiser
Les relations entre Cotonou et La Havane s’appuient sur une amitié ancienne et un accord cadre signé en 2002 entre les deux chambres de commerce. La relance actuelle vise à moderniser ce socle pour l’adapter aux réalités économiques contemporaines. Les observateurs notent que cette dynamique pourrait servir de modèle à d’autres partenariats Sud-Sud, à condition que les engagements se traduisent en projets concrets.
La balle est désormais dans le camp des entreprises. Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer si cette relance se transforme en contrats et en investissements, ou si elle reste au stade des bonnes intentions.