Au Burkina Faso, une série d’attaques terroristes d’une rare intensité a fait au moins une cinquantaine de morts ce week-end. Selon les premières estimations, les victimes sont majoritairement des militaires et des volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ciblés par des assauts simultanés dans plusieurs régions du pays. Les groupes jihadistes, dont le Jnim (lié à Al-Qaïda), ont revendiqué ces opérations, publiant même des images sur les réseaux sociaux pour en attester.
Des raids coordonnés dans trois zones stratégiques
Les attaques ont débuté samedi matin vers 5 heures, lorsque des combattants du Jnim ont lancé un assaut surprise contre le camp militaire de Di, situé dans la province du Sourou (nord-ouest). Après des combats d’une violence inouïe, les jihadistes ont réussi à percer les défenses du camp avant de se replier, emportant avec eux du matériel et des armes. D’après les bilans provisoires, 23 soldats et 11 VDP ont perdu la vie dans ce seul raid. Le groupe terroriste affirme, dans une vidéo diffusée en ligne, avoir comptabilisé 22 cadavres de militaires et de VDP avant son départ de la ville.
Le même jour, deux autres attaques ont été signalées dans les régions sud-ouest et centre-ouest. À Dalan et Tiaré, les jihadistes ont à nouveau frappé, faisant au moins 18 morts supplémentaires parmi les forces de sécurité. Les dégâts matériels sont également considérables, avec des infrastructures endommagées et des véhicules civils incendiés. Plusieurs témoignages confirment l’ampleur des destructions dans ces localités.
Des représailles sans réponse immédiate des autorités
Dans l’après-midi, de nouveaux affrontements ont éclaté à Thiou et Séguénéga, dans le nord du pays. Heureusement, cette fois, aucun mort n’a été déploré, mais des véhicules civils ont été réduits en cendres par les assaillants. Pourtant, malgré l’ampleur des événements, ni l’armée ni le gouvernement burkinabè n’ont encore réagi officiellement à ces attaques d’une gravité exceptionnelle.
Ces raids surviennent dans un contexte déjà tendu pour le Burkina Faso, où la menace jihadiste s’étend progressivement depuis plusieurs années. Les groupes armés multiplient les offensives, exploitant les faiblesses logistiques et sécuritaires du pays. Les images et témoignages circulant sur les réseaux sociaux montrent une escalade alarmante de la violence, avec des conséquences humaines et matérielles de plus en plus lourdes.