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Aviculture au Gabon : SONOCO ambitionne 15 millions de poulets par an

Le groupe guinéen SONOCO compte révolutionner la filière avicole gabonaise. Reçu par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le conglomérat a détaillé un vaste plan d’investissement visant à structurer un secteur très dépendant des importations. L’objectif affiché est une production annuelle dépassant les 15 millions de poulets, un record pour le pays.

Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de diversification économique des autorités de transition, qui cherchent à réduire la facture alimentaire et à stimuler l’emploi rural. Actuellement, le Gabon importe la quasi-totalité de la viande de volaille consommée, une faiblesse régulièrement dénoncée comme un obstacle à la souveraineté alimentaire.

Une chaîne de valeur maîtrisée de bout en bout

Le projet de SONOCO couvre l’ensemble de la chaîne productive : élevage, fabrication d’aliments, abattage, transformation et distribution. Cette intégration verticale vise à contrôler les coûts, garantir les approvisionnements et proposer une protéine animale compétitive face aux poulets congelés importés du Brésil, des États-Unis ou d’Europe.

L’investissement prévoit la construction d’unités d’élevage modernes, d’une provenderie locale pour l’alimentation animale et d’infrastructures de transformation aux normes sanitaires internationales. Pour un pays où l’aviculture reste embryonnaire, ce saut industriel pourrait transformer durablement le paysage agroalimentaire.

Le groupe guinéen, déjà présent dans plusieurs secteurs industriels en Afrique de l’Ouest, mise sur son expérience continentale pour s’implanter au Gabon. Cette dimension panafricaine est mise en avant par les autorités, qui y voient un modèle de coopération Sud-Sud entre Conakry et Libreville.

Souveraineté alimentaire et réduction des importations

Pour Libreville, l’enjeu dépasse la seule volaille. La balance commerciale gabonaise souffre lourdement des importations alimentaires, alors que le pays possède de vastes terres arables et un climat favorable à l’agriculture. Réduire cette dépendance est une priorité depuis l’arrivée au pouvoir du président Oligui Nguema.

L’arrivée d’un investisseur structurant dans l’aviculture s’intègre dans cette logique. En produisant localement des millions de poulets, SONOCO contribuerait à réduire les sorties de devises liées à l’importation de viande congelée. Le projet est aussi présenté comme un créateur d’emplois directs et indirects, notamment en zones rurales où l’élevage industriel pourrait fixer une main-d’œuvre jeune.

Cependant, la réussite nécessite de lever plusieurs obstacles structurels : accès au foncier, disponibilité des matières premières pour l’alimentation animale, stabilité réglementaire et logistique de distribution. La capacité du groupe à sécuriser ces paramètres déterminera la concrétisation du projet.

Un signal fort pour les investisseurs régionaux

Au-delà du cas SONOCO, cette séquence témoigne de la volonté de Libreville d’attirer des capitaux africains dans les secteurs productifs. Recevoir au plus haut niveau un groupe guinéen, plutôt qu’un acteur occidental ou asiatique, indique une réorientation vers une intégration continentale assumée.

Le calendrier de déploiement et le montant exact de l’investissement n’ont pas été divulgués après l’audience présidentielle. Les prochaines étapes devraient inclure la signature d’accords-cadres, le choix des sites et la mobilisation des financements. Pour les autorités gabonaises, transformer cette annonce en réalité industrielle sera le véritable défi.

Aviculture au Gabon : SONOCO ambitionne 15 millions de poulets par an
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