La boucle 225 kV Nord de Bamako, un levier stratégique pour l’énergie au Mali
Le Mali franchit une étape décisive avec la finalisation du financement de la boucle haute tension 225 kV Nord de Bamako (PBNB), un projet d’envergure estimé à 166 millions d’euros. Ce chantier majeur vise à renforcer durablement l’approvisionnement électrique de la capitale et de ses périphéries, tout en soutenant le développement économique local. Selon les autorités compétentes, ce projet permettra de connecter 10 000 nouveaux foyers ainsi que des petites entreprises, tout en optimisant la distribution de courant pour une quarantaine d’industries installées dans la zone.
Un réseau électrique repensé pour répondre aux besoins croissants
Le PBNB s’articule autour d’une ligne 225 kV en double circuit, s’étendant sur environ 103 kilomètres. Ce tracé stratégique relie plusieurs localités clés : Kodialani, Kambila, Safo et Dialakorobougou. En complément, le projet prévoit l’extension de deux postes électriques existants et la création de trois nouveaux sites de transformation, dont deux à Safo et un à Kénié. Ces infrastructures sont essentielles pour absorber la demande énergétique actuelle et future.
Un financement diversifié et des partenariats solides
Le projet prend une dimension concrète en juillet grâce à la validation par le Conseil national de transition (CNT) du Mali des accords de prêt conclus avec la Banque africaine de développement (BAD). Cette approbation intervient après plusieurs étapes clés, dont le financement de 68 millions d’euros accordé par la Banque islamique de développement en décembre 2025, ainsi que les 43,7 millions d’euros octroyés par la Banque ouest-africaine de développement en mai 2025. La Banque européenne d’investissement avait, quant à elle, déjà engagé 45 millions d’euros dès décembre 2020.
La BAD apporte une contribution majeure à travers une palette d’instruments financiers adaptés. Le Fonds africain de développement, dédié aux prêts à taux préférentiels, a accordé un prêt de 30,8 millions d’euros. Par ailleurs, la Facilité d’appui à la transition a débloqué 16,6 millions d’euros, tandis que le Fonds d’investissement climatique a participé avec un prêt de 4,4 millions d’euros et un don de 5,9 millions d’euros. Le Fonds vert pour le climat a également contribué à hauteur d’un don de 1,9 million d’euros. Ces fonds représentent 36,13 % du coût global du projet, complétés par une participation de 3,6 % du gouvernement malien.
Des retombées durables pour l’économie malienne
À terme, cette infrastructure énergétique ouvrira la voie à des synergies majeures avec d’autres projets nationaux. Elle facilitera notamment l’intégration de l’interconnexion entre la Guinée et le Mali, l’exploitation renforcée de la ligne Manantali 2, ainsi que le développement de centrales solaires installées à Kambila et Safo. Ces avancées permettront d’accroître la résilience du réseau et de sécuriser l’approvisionnement, tout en soutenant l’émergence de nouvelles activités industrielles et commerciales dans la région.