Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Burkina Faso : le silence du gouvernement face à une spirale de violence djihadiste

Une vague d’offensives sanglantes frappe l’est du Burkina Faso depuis le début de l’année, orchestrée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une organisation liée à Al Qaïda. En l’espace de dix jours seulement, ces attaques ont causé la mort de plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux membres des forces de sécurité, plongeant le pays dans l’effroi face au silence des autorités.

Face à cette escalade, le mutisme est total. Ni les médias locaux, ni les forces de défense et de sécurité (FDS), ni le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, n’ont communiqué. Cette absence de réaction officielle contraste fortement avec le discours des autorités qui, depuis le coup d’État de septembre 2022, prônent une reconquête du territoire et un retour à la sécurité, alors que les FDS subissent des pertes considérables, particulièrement dans l’est et le nord.

Le 6 mars, une nouvelle attaque meurtrière a ciblé un camp de police à Yamba, situé à une vingtaine de kilomètres de Fada N’Gourma, dans la province de Gourma. Cette offensive, attribuée au GSIM, a été menée par des dizaines d’assaillants motorisés qui ont dévasté les installations et dérobé du matériel avant l’arrivée tardive des renforts.

Un bilan humain très lourd

Bien qu’aucun bilan officiel n’ait été communiqué, des sources sécuritaires locales évoquent plusieurs dizaines de victimes, parmi lesquelles figureraient au moins trente policiers. Cet assaut s’est produit presque un an, jour pour jour, après une précédente attaque contre ce même camp.

Cette attaque s’inscrit dans une série d’événements tragiques ayant marqué un mois de février particulièrement violent. Au cours de cette période, pas moins de 38 assauts ont été recensés et attribués au JNIM (GSIM), auxquels s’ajoutent trois autres opérations menées par l’État islamique au grand Sahara (EIGS). Ces groupes sont très actifs dans le nord-est du pays, une région stratégique aux frontières du Mali et du Niger, connue pour ses gisements aurifères et ses routes commerciales et de contrebande.

La journée du 14 février a été la plus funeste de l’année. Deux attaques coordonnées ont frappé une base des gardes forestiers ainsi que la caserne de Titao, dans le nord. Le bilan est effroyable : 101 gardes forestiers et 186 Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ont perdu la vie. L’analyste Héni Nsaibia de l’ONG Acled souligne que la succession d’attaques majeures entre le 12 et le 22 février témoigne d’un « haut degré de coordination » de la part des groupes armés.

Les Volontaires pour la défense de la Patrie, des supplétifs civils de l’armée, sont particulièrement visés par les offensives du JNIM. Le 3 mars, le groupe a revendiqué la mort de 11 VDP lors d’opérations menées à Gourbousou, Yabousgo et Zogoré, s’emparant au passage de leur équipement.

Le gouvernement militaire du capitaine Ibrahim Traoré paraît dépassé par l’ampleur de la menace sécuritaire. En outre, la situation est aggravée par les accusations d’exactions commises par les VDP à l’encontre de la communauté peule, souvent soupçonnée de collusion avec les groupes djihadistes. Un massacre de civils peuls par des VDP aurait notamment eu lieu le 1er mars dans la localité de Bittou.

Burkina Faso : le silence du gouvernement face à une spirale de violence djihadiste
Retour en haut