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Cameroun : l’absence prolongée de Paul Biya fait trembler les institutions

Cameroun : l’absence prolongée de Paul Biya fragilise les fondements du pouvoir

Depuis son départ pour un prétendu séjour privé en Europe début juin 2026, le président camerounais Paul Biya, doyen des dirigeants africains, n’a toujours pas réintégré son pays. Avec déjà plus de 44 jours d’absence, les rumeurs sur son état de santé s’amplifient, alimentant un débat national sur la stabilité des institutions et l’exercice effectif du pouvoir.

Paul Biya, doyen des dirigeants africains Paul Biya, le plus vieux dirigeant du monde en fonction © Jemal Countess/UPI/newscom/picture alliance

L’absence prolongée du chef de l’État camerounais, parti officiellement pour un court séjour privé accompagné de son épouse, soulève des questions légitimes sur la gestion du pouvoir. Alors que les spéculations sur son état de santé se multiplient, les institutions camerounaises se retrouvent sous le feu des projecteurs.

Le pouvoir tente de rassurer la population

Face à l’ampleur des interrogations, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, a multiplié les déclarations rassurantes. Dans un éditorial publié le 15 juillet dans L’Action, Christophe Mien Zok, directeur de la propagande du parti, a tenté d’éteindre les doutes en affirmant que « le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti ». Une formule choc pour rappeler que les institutions fonctionnent, selon les autorités.

Malgré ces assurances, aucun détail concret n’a été communiqué sur les activités réelles du président. Seules quelques communications officielles, comme les messages de félicitations adressés au président français Emmanuel Macron pour le 14 juillet ou au chef de l’État du Monténégro, ont été relayées par les canaux présidentiels. Aucune apparition publique ni mise à jour sur l’état de santé de Paul Biya n’a été rendue publique.

L’opposition exige des réponses claires

Cette situation a poussé plusieurs figures de l’opposition à réclamer des éclaircissements. Le député Jean-Michel Nintcheu a saisi le Conseil constitutionnel pour examiner la question d’une éventuelle vacance du pouvoir. De son côté, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) a rappelé que si une absence prolongée ne constitue pas automatiquement une vacance, elle interroge sur la continuité de l’État et l’exercice effectif des prérogatives présidentielles.

L’UDC a insisté sur l’urgence d’une réforme institutionnelle, soulignant l’absence de vice-président depuis la révision constitutionnelle d’avril. Pour le parti, cette situation met en lumière des lacunes juridiques majeures, notamment l’absence de cadre légal précis encadrant les absences prolongées du chef de l’État.

Un vide juridique qui aggrave les tensions

Plusieurs constitutionnalistes camerounais estiment qu’un dépassement des 45 jours d’absence pourrait justifier une intervention du Conseil constitutionnel. Pourtant, aucune disposition légale ne fixe de durée maximale pour un séjour à l’étranger du président. Cette faille juridique alimente les craintes d’un dysfonctionnement institutionnel et d’un pouvoir exercé à distance, sans véritable contrôle démocratique.

Alors que le Cameroun entre dans une phase d’incertitude, les autorités maintiennent leur position : les institutions fonctionnent normalement. Mais pour leurs détracteurs, l’opacité entourant la situation de Paul Biya et l’absence de cadre légal clair menacent la stabilité du pays. Le débat reste ouvert entre transparence exigée et pouvoir maintenu dans l’ombre.

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