En 2025, plusieurs scrutins présidentiels africains ont révélé une tendance inquiétante : des élections a priori jouées d’avance. À Djibouti comme au Bénin, les résultats ont été si écrasants qu’ils ont soulevé des questions sur la crédibilité des processus démocratiques. Avec des scores frôlant les 98 %, les présidents sortants ont été reconduits sans réelle opposition. Pourtant, les obstacles ne manquaient pas pour les candidats adverses.

À Djibouti, l’un des principaux visages de l’opposition, Alexis Mohamed, a choisi de ne pas se présenter. Outre les craintes pour sa sécurité, c’est l’imposante « caution financière » exigée pour déposer sa candidature qui a scellé son renoncement. Une somme si élevée que même ses soutiens n’ont pu l’aider à la réunir. Résultat : un scrutin vidé de tout suspense, qualifié par les observateurs de « cérémonie électorale ».

Le porte-monnaie, nouveau juge des élections en afrique

Ce phénomène n’est pas isolé. Sur tout le continent, les frais de campagne et de candidature deviennent des armes redoutables contre les opposants politiques. Les montants exigés, souvent exorbitants, transforment les élections en parcours du combattant pour les candidats indépendants. Les partis d’opposition, déjà en position de faiblesse, peinent à rassembler les fonds nécessaires pour rivaliser avec les candidats soutenus par le pouvoir.

Les exemples se multiplient. Au Bénin, où les élections de 2026 ont vu la victoire écrasante de Romuald Wadagni, héritier désigné du président sortant, les coûts de la campagne ont joué un rôle clé. Les petits partis et les candidats sans appui financier n’ont même pas eu la possibilité de concourir, faute de moyens. Une situation qui rappelle les mécanismes de verrouillage politique observés dans d’autres pays du Sahel.

Une démocratie en péril

Les observateurs dénoncent un système électoral biaisé, où l’argent prime sur les idées. Les frais de candidature, parfois fixés à plusieurs millions de francs CFA, excluent systématiquement les candidats sans ressources. Une stratégie qui permet aux régimes en place de maintenir leur emprise sur le pouvoir, en empêchant toute alternance réelle.

Face à cette réalité, les citoyens nigériens et béninois s’interrogent : comment garantir des élections libres et transparentes quand les règles du jeu sont conçues pour favoriser une seule partie ? Les voix critiques se font de plus en plus entendre, exigeant une réforme des lois électorales pour rendre le processus plus inclusif.