Le conseil d’administration de la Caisse des pensions et des prestations familiales (CPPF) s’est réuni en juillet 2026 à Libreville, sous la présidence de Jean Blaise Nguema Mba. Cette séance, première de l’année, avait pour objet principal l’étude des comptes des années 2024 et 2025, ainsi que la mise en place des nouvelles directives stratégiques annoncées par les autorités nationales.
Lors de son intervention devant le Parlement en juin 2026, le chef de l’État a en effet acté une refonte majeure de la CPPF : celle-ci doit désormais se muer en un acteur institutionnel capable d’assurer la pérennité du système de retraites des fonctionnaires tout en dynamisant l’économie gabonaise. Cette transition marque un tournant décisif dans la gestion des ressources publiques et sociales.
Jusqu’alors cantonnée à sa mission historique de gestion des pensions et des allocations familiales, la CPPF se voit désormais dotée d’une capacité d’investissement renforcée. Elle devra ainsi mobiliser ses fonds propres, intervenir sur les marchés financiers et contribuer activement au financement des infrastructures nationales. Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’alignement sur les standards des caisses de sécurité sociale francophones, comme l’IPS-CGRAE en Côte d’Ivoire ou la CNPS au Cameroun, où l’équilibre entre rentabilité et sécurité des réserves est une priorité.
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Les administrateurs ont également validé plusieurs décisions stratégiques lors de cette réunion. Sous l’impulsion de Carl Ngueba Boutoundou, directeur général de l’institution, une réorganisation interne a été adoptée pour s’adapter à ces nouvelles fonctions. Les états financiers des exercices 2024 et 2025 ont été approuvés, couronnant ainsi le processus d’assainissement comptable engagé en 2024. Ce chantier a permis de régulariser les exercices 2016 à 2023 et de combler les retards accumulés dans la clôture des comptes, conformément aux exigences de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES).
Le calendrier des activités pour le second semestre 2026 a également été adopté. À l’issue des débats, le président du conseil a salué la qualité des discussions et l’implication des membres. « Notre objectif est de déployer ce modèle au Gabon, tout en garantissant la stabilité des prestations pour les retraités du secteur public », a-t-il affirmé.
Pour les administrateurs, la priorité reste de concilier ce nouveau rôle d’investisseur institutionnel avec la mission sociale historique de la CPPF. Cette mutation vise à consolider la viabilité financière du système de retraites tout en canalisant une partie de l’épargne publique vers des projets structurants pour l’économie gabonaise.
Une page se tourne pour la CPPF, qui s’engage désormais vers une nouvelle étape de son développement. Son ambition ? Devenir un pilier du financement national, tout en préservant la sécurité et la durabilité des régimes de ses bénéficiaires.