Une personne sur cinq au Sahel confrontée à la faim en 2025
La situation alimentaire dans le Sahel s’aggrave dangereusement. Selon les dernières données disponibles pour 2025, près d’un habitant sur cinq au Mali et dans les pays voisins subit aujourd’hui les conséquences dramatiques de l’insécurité alimentaire. Cette crise, qui s’étend depuis plus d’une décennie, touche désormais des millions de familles, privées de leurs moyens de subsistance.
Face à cette urgence humanitaire, les acteurs locaux et internationaux multiplient les alertes. Une représentante régionale de l’ONG Action contre la Faim alerte notamment sur la dégradation rapide de la situation, en particulier dans le Nord du Mali, où les conflits armés et les déplacements forcés aggravent la précarité.
Les causes profondes de la crise alimentaire au Sahel
Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration. D’abord, les tensions sécuritaires prolongées dans la région ont rendu l’accès à certaines zones quasi impossible, privant les populations de leurs terres agricoles et de leurs moyens de production. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger figurent parmi les pays les plus affectés, avec des zones entières sous le joug de groupes armés.
Ensuite, le changement climatique joue un rôle majeur. Les sécheresses répétées, les inondations et l’érosion des sols réduisent les récoltes et fragilisent encore davantage les communautés déjà vulnérables. Cette année, la région a subi des aléas climatiques particulièrement sévères, aggravant la pression sur les ressources alimentaires.
Enfin, le manque de financements limite la capacité des organisations humanitaires à répondre aux besoins croissants. Les budgets alloués aux programmes d’urgence et de développement se raréfient, alors que le nombre de personnes en situation de crise alimentaire explose. En Afrique de l’Ouest et centrale, plus de 57 millions de personnes sont aujourd’hui en insécurité alimentaire, dont 24,3 millions dans la région sahélienne.
Le Nord du Mali : épicentre de la crise
Le Nord du Mali, déjà martyrisé par des années de conflit, concentre les difficultés les plus aiguës. Les déplacements massifs de populations vers le Sud, notamment vers Bamako et Sikasso, ont créé des tensions supplémentaires dans les zones d’accueil. Les camps de déplacés, souvent sous-équipés, peinent à offrir des conditions de vie décentes.
Selon les dernières estimations, 11,3 millions d’enfants et de femmes seraient en situation de malnutrition aiguë dans toute la région. Le budget nécessaire pour couvrir leurs besoins est estimé à 3,7 milliards de dollars, mais à ce jour, seulement 21 % de cette somme a été mobilisé. Un déficit criant qui compromet les efforts de secours.
Quelles solutions pour endiguer la crise ?
Face à l’ampleur de la crise, les experts soulignent l’urgence d’une mobilisation coordonnée. Les gouvernements locaux doivent jouer un rôle central dans la mise en place de politiques publiques adaptées, tandis que les organisations internationales doivent renforcer leur soutien logistique et financier.
Parmi les pistes envisagées :
- Renforcer les mécanismes de résilience : soutenir les agriculteurs dans l’adoption de techniques adaptées au changement climatique, diversifier les cultures et développer des systèmes d’irrigation durables.
- Sécuriser les zones en conflit : faciliter l’accès humanitaire dans les régions sous contrôle de groupes armés, en collaboration avec les autorités et les acteurs locaux.
- Mobiliser davantage de fonds : plaider pour une augmentation des budgets alloués à l’aide alimentaire et nutritionnelle, en ciblant prioritairement les populations les plus vulnérables.
- Améliorer la gouvernance : renforcer la transparence et l’efficacité des programmes d’aide, en impliquant davantage les communautés dans la prise de décision.
La représentante d’Action contre la Faim insiste sur l’importance du leadership politique : « Une stratégie efficace contre l’insécurité alimentaire doit s’appuyer sur des données fiables et une volonté politique forte. Sans cela, les efforts resteront vains face à l’ampleur des défis. »
Alors que la crise s’aggrave, chaque jour compte. Les populations du Sahel, déjà éprouvées par des décennies de difficultés, attendent des actions concrètes et immédiates pour éviter une catastrophe humanitaire sans précédent.