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Crise des infrastructures au Sénégal : Sonko dénonce un gaspillage de milliards

crise des infrastructures au Sénégal : Sonko dénonce un gaspillage de milliards

Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a révélé hier les conclusions accablantes d’un audit sur la gestion des infrastructures publiques. Avec plus de 5 000 milliards de FCfa engagés dans des projets inachevés ou sous-exploités, il alerte sur les répercussions économiques et sociales de cette situation.

Ousmane Sonko lors d'un discours sur la gestion des infrastructures au Sénégal

Lors d’un Conseil interministériel dédié aux infrastructures et au patrimoine de l’État, le chef du gouvernement a dressé un constat sévère. Les chiffres présentés révèlent un dysfonctionnement majeur dans la gestion des fonds publics, avec 245 projets bloqués ou inutilisés pour un coût global dépassant les 5 000 milliards de FCfa. Ce montant équivaut presque au budget national annuel du pays, soulignant l’urgence d’agir.

Parmi les infrastructures concernées figurent des routes, des hôpitaux, des ports, des stades, des lycées, des bâtiments administratifs et des installations frigorifiques. Le Premier ministre a pointé du doigt des projets achevés mais jamais mis en service, comme le Port de Dakhonga ou des quais de pêche, ainsi que des chantiers interminables, à l’image du lycée de Sandiara, dont les travaux ont débuté en 2014 sans aboutir.

Des actifs immobiliers et fonciers sous-évalués et mal gérés

Le rapport d’audit révèle également des irrégularités dans la gestion du patrimoine foncier et immobilier de l’État. Sur 97 biens recensés, principalement à Dakar, certains auraient été cédés à des prix dérisoires, parfois dix fois inférieurs à leur valeur réelle. Le Premier ministre a cité l’exemple d’un ancien site de la gendarmerie, récupéré après avoir été vendu à un opérateur privé. Selon lui, des terrains estimés entre 10 et 15 milliards de FCfa auraient été bradés pour moins d’un milliard.

Ousmane Sonko a dénoncé un système où les responsables de détournements ou de mauvaise gestion échappent encore à toute sanction judiciaire. Il a évoqué un « sabotage judiciaire » et affirmé que « les dossiers n’appartiennent pas aux magistrats, mais au peuple sénégalais ». Face à l’inaction des autorités judiciaires, il a laissé entendre qu’il pourrait durcir le ton dans les prochains jours pour exiger des comptes.

Un comité de suivi pour relancer les projets et rendre des comptes

Pour remédier à cette situation, le gouvernement a décidé de créer un comité de suivi placé sous l’autorité directe de la Primature. Ce comité aura pour mission de dresser un inventaire complet des projets bloqués, d’identifier les responsabilités et de proposer des solutions de financement, notamment via des partenariats public-privé ou le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis).

Le Premier ministre a arrêté onze directives pour accélérer la mise en service des infrastructures. Parmi elles, deux mesures clés : la poursuite de l’inventaire des projets inachevés et la création d’un comité inclusif chargé de veiller à l’exécution des décisions. Les ministres sectoriels devront désormais intégrer des critères techniques stricts, comme les raccordements aux réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications, ainsi que des modèles de gestion durable et de maintenance.

Ousmane Sonko a également insisté sur la nécessité de clarifier les responsabilités et d’accélérer les procédures judiciaires pour les affaires liées à la gestion des ressources publiques. Il a rappelé que la confiance des citoyens passait par une reddition de comptes exemplaire.

Crise des infrastructures au Sénégal : Sonko dénonce un gaspillage de milliards
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