Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Crise des libertés au Niger : le constat alarmant douze mois après le coup d’État

Un an après la prise de pouvoir par les militaires au Niger, les organisations internationales de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme. Amnesty International, Human Rights Watch et la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) dénoncent une répression systématique visant les opposants politiques, les journalistes et toute forme de contestation pacifique.

Une dérive autoritaire marquée par des détentions arbitraires

Depuis le putsch du 26 juillet 2023 mené par le général Abdourahamane Tiani et le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le président élu Mohamed Bazoum est maintenu en détention arbitraire au palais présidentiel de Niamey. Outre le chef d’État déchu et son épouse, une trentaine de dignitaires de l’ancien gouvernement subissent le même sort, souvent sans accès à une procédure judiciaire équitable.

Malgré une décision de la Cour de justice de la CEDEAO en décembre 2023 exigeant sa libération, Mohamed Bazoum a vu son immunité présidentielle levée en juin 2024 par une Cour d’État nouvellement créée. Cette procédure est vivement critiquée pour son non-respect des standards internationaux du droit à la défense.

Le musellement de la presse et de la société civile

Le climat médiatique au Niger s’est considérablement dégradé. Les autorités militaires multiplient les pressions sur les professionnels de l’information :

  • Samira Sabou, journaliste et blogueuse, a été détenue au secret pendant plusieurs jours avant d’être inculpée.
  • Ousmane Toudou, ancien conseiller en communication, est poursuivi pour complot contre l’État.
  • Soumana Maiga, directeur du journal L’Enquêteur, a été incarcéré après avoir relayé des informations sensibles.
  • La Maison de la Presse a été suspendue et placée sous tutelle gouvernementale.

Parallèlement, la modification de la loi sur la cybercriminalité en juin 2024 réintroduit des peines de prison pour diffamation, un recul majeur pour la liberté d’expression en ligne. De plus, les visites des organisations de défense des droits humains dans les prisons nigériennes sont désormais interdites par circulaire ministérielle.

Opacité financière et dépenses militaires

Alors que la lutte contre la corruption était l’une des promesses initiales de la junte, un décret signé en février 2024 soustrait désormais toutes les dépenses liées à la défense et à la sécurité au contrôle public. Ces marchés sont exonérés d’impôts et échappent aux règles classiques de la comptabilité publique, favorisant ainsi une opacité totale sur l’utilisation des ressources de l’État.

Pour les observateurs internationaux, ce manque de transparence est incompatible avec l’État de droit et fragilise la redevabilité des autorités envers les citoyens nigériens. Les ONG appellent à la libération immédiate des prisonniers politiques et au rétablissement des libertés fondamentales au Niger.

Crise des libertés au Niger : le constat alarmant douze mois après le coup d’État
Retour en haut