La situation des libertés civiles au Mali suscite une vive inquiétude au sein de la communauté internationale. Un groupe d’experts indépendants mandatés par l’ONU a fermement condamné la suspension des activités des partis politiques, ainsi que l’adoption d’un projet de loi restreignant la participation démocratique. Selon ces spécialistes, ces mesures représentent une atteinte directe aux droits humains fondamentaux.
Une menace pour les libertés d’association et d’expression
Les experts exhortent les autorités maliennes à abroger immédiatement le décret suspendant la vie politique. Ils soulignent que le projet de loi validé fin avril place le Mali en contradiction avec ses engagements internationaux. Si le gouvernement avance l’argument de la lutte contre la « prolifération des partis », les rapporteurs de l’ONU estiment que cette régulation devrait passer par des critères électoraux transparents plutôt que par des barrières financières.
Le texte législatif prévoit en effet des conditions de dépôt financier particulièrement lourdes, ce qui risquerait de limiter l’accès à la vie publique aux seuls secteurs disposant d’une forte capacité économique, au détriment d’une représentation populaire inclusive.
Un dialogue national marqué par le boycott
Bien que le pouvoir en place affirme s’appuyer sur les conclusions des Assises Nationales de la Refondation et des récentes consultations d’avril 2025, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer un manque de sincérité. Plusieurs formations politiques ont choisi de boycotter ces échanges, craignant qu’ils ne servent de prétexte à leur dissolution pure et simple.
Dans ce climat de restriction de l’espace civique, les experts notent que les journalistes indépendants et les opposants font face à des risques de sanctions pour avoir exercé leur liberté d’expression. Parmi les recommandations contestées figure également le maintien au pouvoir du général Assimi Goïta pour un mandat de cinq ans renouvelable, sans organisation d’élections préalables.
Appel à la retenue et au respect du droit de réunion
Face à ces enjeux, les experts demandent au Conseil national de transition, sous la présidence du général Malick Diaw, de ne pas valider ce projet de loi. Ils proposent leur aide pour réviser le texte afin qu’il soit conforme aux normes internationales des droits de l’homme.
Par ailleurs, les autorités sont appelées à garantir la sécurité des manifestants. Suite à des heurts signalés lors de rassemblements début mai, les experts rappellent que :
- Le droit de se réunir pacifiquement est vital pour la vitalité d’une nation.
- Les actes d’intimidation contre les manifestants doivent cesser.
- L’intégrité physique des citoyens engagés politiquement doit être protégée scrupuleusement par les autorités de transition.