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Crise sécuritaire au Mali : les russes en échec face aux rebelles touaregs

Une série d’attaques simultanées menées par des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes dans plusieurs villes du Mali, dont la capitale Bamako, met en péril la stabilité du régime militaire en place. Dans ce contexte explosif, les forces russes, partenaires de la junte malienne depuis le départ des Français en 2022, ont surpris par leur attitude passive : sans même riposter, elles ont évacué la ville de Kidal, hier matin, laissant le champ libre aux assaillants.

la chute de Kidal : un symbole de l’échec stratégique russe

Les images filmées de la retraite des 2 500 soldats russes, membres de l’Africa Corps (ex-Wagner), ont choqué. Une colonne de véhicules a quitté Kidal sans livrer le moindre combat, abandonnant une position clé aux mains des rebelles. Kidal, symbole de la rébellion touareg, avait été reprise en 2023 par l’armée malienne avec l’appui russe, après onze ans d’occupation des indépendantistes. Cette victoire, saluée comme un succès pour le colonel Assimi Goïta, chef de la junte, s’effondre aujourd’hui sous les coups des assaillants.

une demande de non-ingérence des djihadistes

La veille des attaques, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, avait revendiqué des offensives dans plusieurs régions du pays, y compris Bamako. Dans un communiqué, il avait explicitement demandé aux forces russes de ne pas intervenir, évoquant une possible future coopération. Pourtant, les militaires russes sont restés inactifs malgré l’urgence de la situation, infligeant une désillusion à leurs alliés maliens.

le régime malien affaibli par des revers militaires et sociaux

La junte au pouvoir depuis cinq ans subit une crise sans précédent. Le ministre de la Défense a été tué dans l’assaut de sa résidence, tandis que les djihadistes et les rebelles étendent leur emprise sur le territoire. Les populations, prises en étau entre putschistes et groupes armés, subissent les conséquences d’une stratégie sécuritaire défaillante. Bamako a même connu un véritable blocus, empêchant l’approvisionnement en carburant en provenance des pays voisins.

Les risques pour le Mali sont multiples : fragmentation du pays entre indépendantistes touaregs au nord et factions djihadistes au sud, avec une possible contagion vers les pays voisins. Le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel aux côtés du Mali, pourraient à leur tour être menacés si Bamako tombe. Les pays côtiers, déjà touchés par des incursions djihadistes, ne seraient pas épargnés.

une décennie de déceptions : de la France à la Russie

En 2014, l’intervention française avait permis de repousser une colonne djihadiste vers Bamako. Pour autant, la suite a déçu : putschs militaires, dissolution des partis politiques, nomination non élective du chef de l’État… La France, perçue comme un ancien colonisateur, a été chassée en 2022 au profit de la Russie, présentée comme un sauveur. Quatre ans plus tard, c’est l’échec : les populations paient le prix fort de cette instabilité chronique.

Crise sécuritaire au Mali : les russes en échec face aux rebelles touaregs
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