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Décentralisation au Tchad : albert pahimi padacké exige plus d’autonomie pour les provinces

décentralisation au Tchad : albert pahimi padacké exige plus d’autonomie pour les provinces

Albert Pahimi Padacké lors de sa conférence sur la décentralisation au Tchad

Un diagnostic sans concession sur la gouvernance locale

L’ancien chef du gouvernement et actuel sénateur tchadien, Albert Pahimi Padacké, a marqué les esprits lors d’une conférence-débat ce printemps 2026. L’événement, organisé à l’École Nationale d’Administration (ENA) d’Idriss Déby Itno, a attiré un public varié : cadres administratifs, étudiants en formation et responsables politiques. L’objet de cette rencontre ? Évaluer l’impact réel de la décentralisation au Tchad, à travers le prisme des conseils provinciaux. Une thématique plus que jamais d’actualité, alors que le pays cherche à redéfinir les équilibres de son système institutionnel.

Pendant près de deux heures, le président du RNDT-Le Réveil a disséqué la situation avec une franchise rare. Si le Tchad a officiellement adopté un cadre légal pour la régionalisation, la mise en œuvre se heurte, selon lui, à une inertie structurelle. La décentralisation, promise comme levier de développement, reste en grande partie lettre morte sur le terrain.

les promesses de la décentralisation face à la réalité tchadienne

Albert Pahimi Padacké a d’abord souligné les avantages théoriques d’une gouvernance décentralisée. Pour lui, cette approche est un impératif pour moderniser l’administration tchadienne. En transférant une partie des compétences et des ressources aux provinces, le pays pourrait enfin répondre aux besoins concrets de ses populations. Éducation, santé, infrastructures : autant de secteurs où les décisions locales permettraient une action plus ciblée et efficace. « Le développement ne peut être décrété depuis les ministères d’une capitale lointaine », a-t-il martelé.

Cependant, cette vision se heurte à une réalité bien différente. Malgré les textes de loi, les conseils provinciaux restent sous l’emprise d’un État central qui refuse de lâcher du lest. Les moyens financiers et humains nécessaires à leur autonomie font défaut, transformant ces instances en coquilles vides plutôt qu’en leviers de progression.

la « centralité verticale » : un frein majeur au progrès

L’analyse du sénateur Pahimi Padacké met en lumière un paradoxe tchadien : l’existence d’un cadre légal de décentralisation coexiste avec une pratique administrative profondément centralisée. Il dénonce une « centralité verticale » qui étouffe toute velléité d’autonomie provinciale. Les compétences sont parfois transférées, mais les ressources financières, elles, restent sous contrôle strict de l’État. Résultat ? Les provinces, privées de moyens, deviennent des exécutants impuissants des directives venues de N’Djamena.

« Une décentralisation sans autonomie budgétaire n’est qu’un leurre », a-t-il lancé, résumant l’essence de sa critique. Pour lui, cette situation explique en grande partie l’incapacité du pays à amorcer un développement équilibré et durable.

un appel à la rupture avec les pratiques passées

Face à ce constat, la conférence s’est transformée en un véritable plaidoyer pour des réformes ambitieuses. Albert Pahimi Padacké a appelé à une refonte en profondeur du système, afin de briser la mainmise de l’État central sur les provinces. Son objectif ? Permettre aux conseils provinciaux de devenir des acteurs autonomes, capables de piloter leur propre développement. Une transition qui exige, selon lui, une volonté politique sans faille et un courage rare dans l’histoire tchadienne.

Les échanges qui ont suivi, notamment avec des étudiants en administration publique, ont confirmé l’ampleur des attentes autour de cette question. La décentralisation n’est plus seulement un sujet technique : elle incarne désormais l’espoir d’un Tchad plus proche de ses citoyens et plus efficace dans sa gestion.

Décentralisation au Tchad : albert pahimi padacké exige plus d’autonomie pour les provinces
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