Ousmane Sonko appelle au « dialogue » pour « ne pas replonger » le pays dans une crise

Après son limogeage de la Primature, Ousmane Sonko, figure majeure de la scène politique sénégalaise, lance un appel pressant au dialogue pour préserver la stabilité du pays. Alors que le nouveau gouvernement formé par le président Bassirou Diomaye Faye suscite des remous, Sonko met en garde contre les risques d’une crise institutionnelle.
Ousmane Sonko, limogé de son poste de Premier ministre et désormais président de l’Assemblée nationale, a annoncé que ses partisans « accompagneraient » le gouvernement actuel. Il a appelé le président Bassirou Diomaye Faye à engager un dialogue constructif afin d’éviter que le Sénégal ne sombre à nouveau dans une période de tensions politiques.
Cette prise de parole marque sa première intervention publique depuis sa destitution le 22 mai, décision prise après des désaccords profonds sur la gestion de la dette publique et la gouvernance. Bassirou Diomaye Faye avait justifié ce limogeage en déclarant que certaines de ses positions « l’incommodaient et posaient problème ».
Le président a ensuite formé un nouveau gouvernement de 30 membres, une initiative que Sonko qualifie de « hâtive et dénuée de légitimité ». Il critique vivement la méthode employée, estimant qu’un gouvernement ne se constitue pas « à la légère » et qu’il manque une assise politique solide autour du chef de l’État.
« Ce qui se passe est inédit. Hier, nous avons vu un gouvernement sans véritable soutien parlementaire », a-t-il déclaré, soulignant que le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), dont il est le leader, détient 130 des 165 sièges à l’Assemblée nationale. « Nous sommes dans une situation de cohabitation. Le président n’a pas tous les pouvoirs. Il doit redescendre de son piédestal et dialoguer », a-t-il martelé.
Sonko a précisé que le Parti pourrait, s’il le souhaitait, faire tomber ce gouvernement en 72 heures. Cependant, il a choisi de ne pas recourir à cette option, préférant accompagner le processus pour assurer une transition apaisée. « Nous sommes là pour aider le gouvernement à réussir, mais à condition que les intérêts supérieurs du pays soient placés au-dessus de tout », a-t-il affirmé.
Il a également mis en garde contre les conséquences d’une crise politique : « Si nous nous engageons dans une logique de dissolution ou de censure, aucun investisseur ne viendra au Sénégal. » Sonko a insisté sur la nécessité d’un dialogue politique intelligent et constructif, rappelant que « pour faire la paix, il faut être deux ».
Le leader du Pastef a par ailleurs dénoncé des « provocations » visant ses partisans et appelé la jeunesse sénégalaise au calme. Il a rappelé le lourd bilan des violences politiques entre 2021 et 2024, où des dizaines de jeunes avaient trouvé la mort lors de manifestations réprimées dans la violence.
Son message final est clair : éviter à tout prix de replonger le pays dans une crise comparable à celle des années précédentes. « Il est temps de privilégier l’unité nationale et la sagesse politique », a-t-il conclu.