L’épidémie due au virus Ebola continue de s’étendre en République démocratique du Congo (RDC). Selon le dernier relevé du ministère de la Santé daté de vendredi, 1 203 cas ont été enregistrés depuis la mi-mai, dont 321 décès.
Les autorités sanitaires précisent que 148 patients sont considérés comme guéris, tandis que 419 autres demeurent hospitalisés ou en isolement. Provoquée par la souche Bundibugyo, la maladie affecte désormais 34 zones de santé réparties dans les provinces de l’Ituri, principal foyer, ainsi que du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le ministère de la Santé évoque plusieurs obstacles à la réponse, notamment le refus de certaines communautés d’accepter les tests post-mortem, une capacité de prise en charge limitée en Ituri et un taux de suivi des contacts toujours inférieur à l’objectif de 95 %. Les autorités exhortent la population à signaler tout cas suspect, à respecter les gestes d’hygiène et à éviter toute manipulation des corps.
Les partenaires internationaux restent engagés. Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a confirmé que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), ainsi que les autorités congolaises et françaises mènent une action concertée pour endiguer l’épidémie.
De son côté, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que le conflit armé complique sérieusement les opérations sanitaires, en restreignant l’accès aux zones touchées, en dispersant les personnes contacts et en alimentant la méfiance des populations.
Dans ce contexte, l’Africa CDC a annoncé le lancement, en collaboration avec le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique et le gouvernement ougandais, d’une Équipe continentale conjointe d’appui à la gestion des incidents (IMST). Basée à l’Université de Makerere, en Ouganda, cette plateforme vise à améliorer la coordination des interventions, l’assistance technique et la coopération transfrontalière au bénéfice de la RDC, de l’Ouganda et des pays voisins exposés.
Selon l’Africa CDC, cette initiative illustre la volonté du continent de renforcer ses capacités de préparation et de réponse aux urgences sanitaires par une action coordonnée et pilotée par les États africains.