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Frappes aériennes au Mali : huit civils tués par des forces liées à la Russie

Huit vies brisées en une seule frappe

Dans le village de Kyrnia, situé au centre du Mali, huit civils ont perdu la vie le 15 juin 2026 lors d’une frappe aérienne attribuée à l’Africa Corps, un groupe sous contrôle russe. Parmi les victimes figuraient trois enfants, une femme et quatre hommes, tous des habitants sans lien avec les groupes armés islamistes. L’attaque, ciblant un marché aux bestiaux, a également blessé plusieurs personnes, laissant derrière elle un paysage de désolation.

Une attaque ciblée ou une erreur tragique ?

Selon les témoignages recueillis sur place, un avion de type Soukhoï Su-24, identifié comme appartenant à l’Africa Corps, a largué au moins deux munitions sur Kyrnia. La première a frappé la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant, tandis qu’une femme était grièvement blessée. La seconde a touché un marché aux bestiaux voisin, tuant quatre hommes et en blessant deux autres. Aucune trace de combattants islamistes parmi les victimes n’a été relevée.

Les images satellites et les photographies analysées confirment la présence de deux cratères d’environ 12 mètres de diamètre chacun, ainsi que la destruction d’au moins neuf étals du marché. Les habitants décrivent une scène apocalyptique : bâtiments effondrés, étalages réduits en miettes, et animaux déchiquetés.

Des témoignages accablants

Un commerçant de 35 ans a raconté avoir vu un avion de chasse survoler Kyrnia à basse altitude avant de larguer une bombe : « C’était un avion de chasse, très rapide… il volait bas… d’ouest en est. Je l’ai vu larguer une bombe… comme une boule de feu… et j’ai couru me réfugier sous un arbre. »

Un éleveur de chameaux de 48 ans a décrit l’impact de la première explosion : « J’ai été projeté au sol par le souffle de l’explosion. J’étais couvert de sable et de débris. Des personnes devant moi étaient blessées, certaines avaient les bras cassés. »

Un homme de 40 ans a identifié les corps de trois marchands tués alors qu’ils circulaient sur un tricycle chargé de sacs de dattes. Il a également évoqué la vision macabre de la deuxième épouse du chef du village, dont les bras avaient été arrachés par l’explosion.

Un contexte de tensions et d’alliances controversées

Depuis 2012, le Mali est en proie à une insurrection islamiste menée par des groupes armés comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda. En 2020 et 2021, deux coups d’État militaires ont bouleversé le paysage politique, entraînant l’expulsion des forces françaises et onusiennes. La junte au pouvoir, dirigée par le général Assimi Goïta, a alors renforcé ses liens avec la Russie, s’appuyant désormais sur l’Africa Corps, anciennement connu sous le nom de groupe Wagner.

Le ministère russe de la Défense a reconnu en juin 2026 que des militaires russes opéraient aux côtés des forces maliennes pour « assurer un contrôle total du territoire ». Des images satellites et des reportages confirment le déploiement d’avions Su-24 au Mali depuis avril 2025, bien qu’aucune preuve publique ne confirme leur transfert officiel aux autorités maliennes.

Une surveillance préalable

Des témoins ont rapporté avoir vu un drone survoler Kyrnia la veille des frappes, suggérant que le village était sous surveillance. « J’ai vu un drone dans le ciel la veille, entre 16 et 17 heures. Il a fait plusieurs tours au-dessus du village avant de partir », a témoigné un éleveur de chameaux.

Selon les habitants, environ 100 combattants du GSIM se trouvaient dans le village au moment de l’attaque, principalement autour de la mosquée et d’un magasin situé près du marché aux bestiaux. Bien que le magasin soit utilisé pour stocker du matériel, aucune preuve ne suggère qu’il ait été visé intentionnellement.

Violations du droit de la guerre et responsabilités

Le droit international humanitaire interdit les attaques visant des civils ou des biens de caractère civil, ainsi que les frappes disproportionnées. Les parties au conflit sont tenues de prendre toutes les précautions pour limiter les pertes civiles. Dans le cas de Kyrnia, les frappes semblent avoir été indiscriminées, causant des pertes civiles disproportionnées par rapport à tout avantage militaire potentiel.

Le gouvernement malien a l’obligation d’enquêter sur cet incident et de demander des comptes aux responsables, y compris aux membres de l’Africa Corps. « Le gouvernement malien ne peut pas se cacher derrière les violations commises par ses alliés russes. La junte doit enquêter de manière impartiale sur tous les crimes de guerre possibles, ou être tenue pour complice », a souligné une source proche du dossier.

Une région sous pression

Kyrnia, autrefois un village paisible, est devenue une plaque tournante commerciale depuis que le GSIM en a pris le contrôle il y a six ans. Le marché aux bestiaux, l’un des plus importants de la région, attire chaque semaine des centaines de commerçants et de villageois. Les frappes, survenues un jour de marché, ont plongé la communauté dans le deuil et la colère.

Les habitants ont exprimé leur indignation face à une attaque qui a frappé des civils innocents, alors que les combattants du GSIM se trouvaient principalement à la mosquée ou à proximité du magasin du chef du village. « La résidence du chef n’était pas une cible militaire. Son pick-up, similaire à ceux utilisés par le GSIM, était garé devant, mais cela ne justifie en rien cette attaque », a déclaré un témoin.

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