Le mercredi 15 juillet 20926 le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba’a Owono, a accordé une audience à la délégation de l’Union des agents retraités des Forces de défense et de sécurité du Gabon. Une rencontre au sommet dont l’objectif était d’exposer directement à la Haute juridiction la détresse financière et sociale qui frappe les anciens serviteurs de l’État.
Cette entrevue intervient à un moment clé pour l’organisation. Fraîchement reconnue par le ministère de l’Intérieur et officiellement présentée aux autorités de la Défense nationale, l’association dispose désormais de la légitimité nécessaire pour agir. Bien décidée à ne plus laisser ses membres dans l’ombre, elle entend interpeller fermement les pouvoirs publics sur la précarité croissante qui touche de nombreux anciens militaires et policiers.
Pour ces retraités, l’amertume est grande : après des décennies consacrées à la protection de la Nation, ils réclament aujourd’hui le paiement de plusieurs droits et prestations sociales qu’ils estiment légitimement leur être dus.
Un traitement à deux vitesses dénoncé
Au cœur de leur colère se trouve une injustice poignante : la différence de traitement entre les différentes catégories d’agents au moment d’aborder la retraite. L’application des textes réglementaires en vigueur ne profiterait, selon eux, qu’à une minorité privilégiée.
Le président de l’Union, Jean Edgard Moussavou, ne mâche pas ses mots pour dénoncer ce deux poids, deux mesures. « Nous avons commencé plusieurs démarches en rapport avec les articles 94 et 104. L’article 94 prévoit une indemnité de services rendus pour tout agent admis à la retraite, tandis que l’article 104 dispose que 80 % du dernier salaire de base accompagne l’agent retraité. À ce jour, seuls les officiers généraux disposent d’un décret d’application relatif à ces dispositions. Aujourd’hui, nos pensions sont calculées sur la base de rien. », a-t-il déclaré.
Le rappel à l’ordre de la Haute juridiction
Sensible à la détresse de ses hôtes, Dieudonné Aba’a Owono a tenu à cadrer les débats. Le président de la Cour constitutionnelle a rappelé à ses interlocuteurs l’importance cruciale de poursuivre leurs revendications dans le strict respect des institutions républicaines et des voies légales et administratives établies. Un appel au calme et à la rigueur juridique pour un dossier éminemment sensible.