Lors de la clôture du Gabon Economic Forum (GEF), Alain‑Claude Kouakoua, président de la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), a mis en lumière le dossier le plus épineux de l’économie nationale : l’endettement de l’État envers le secteur privé.
Estimée à 4 340 milliards de FCFA depuis plusieurs années, cette dette intérieure serait probablement surévaluée selon M. Kouakoua. Le dirigeant de la FEG a souligné que toutes les créances présentées ne justifient pas d’être retenues, certains dossiers étant contestables, avec des pièces manquantes ou irrégulières.
Un audit conjoint, mené en collaboration avec la Task Force dédiée et le ministère de l’Économie, va donc procéder à un tri indispensable : distinguer la dette certaine, dûment vérifiée et acceptée par les deux parties, de la dette incertaine, qui ne fera l’objet d’aucun engagement. Aucun remboursement ne sera effectué avant la finalisation de ce travail. Il est déjà acquis que le montant définitif sera inférieur au chiffre évoqué depuis des mois. Par ailleurs, environ 50 % de cette dette aurait déjà été apurée depuis l’arrivée au pouvoir du CTRI en août 2023. Les entreprises ayant perçu les sommes dues n’auraient jamais communiqué sur le sujet, ce silence ayant entretenu l’opacité, a également indiqué Alain‑Claude Kouakoua.
Le mécanisme à venir s’inscrit dans l’une des recommandations du GEF 2026 : apurer en priorité la dette intérieure, à travers les crédits de TVA et les arriérés sur marchés publics, via un mécanisme accéléré, la titrisation et l’imputation croisée. Ce dispositif s’intégrera dans un programme national d’apurement doté d’un tableau de suivi public et d’un Comité national de suivi, qui n’est autre que la réinstauration du Club de Libreville.
Si la fiabilité des statistiques publiques et l’amélioration de la CNAMGS ont été au cœur des débats, la dette de l’État envers les entreprises privées a dominé les discussions.
Pour le secteur privé gabonais, cette annonce tombe à point nommé. Après des années d’incertitudes, de contentieux et d’attente, la voie est enfin ouverte à un règlement prévisible, négocié et vérifié. C’est, pour beaucoup, la condition sine qua non pour que l’État et les entreprises retrouvent progressivement une confiance mutuelle.