Dans les artères animées de N’Djamena, un phénomène commercial s’impose avec insistance : le commerce de ferraille « hadid kilo ». Portés par des pousse-pousse chargés de métaux récupérés, des marchands ambulants arpentent les quartiers en scandant leur offre : « hadid kilo ! hadid kilo ! ». Cette pratique, devenue monnaie courante dans la capitale tchadienne, soulève désormais des questions éthiques et sociales majeures.
une activité lucrative qui attire les mineurs
Ce commerce de récupération de fer, bien que rentable pour ses acteurs, exerce une attraction inquiétante sur les enfants. Des témoignages recueillis dans plusieurs zones de la ville révèlent que des commerçants, souvent originaires des pays voisins, opèrent sans autorisation légale. Leur objectif ? Générer des revenus rapides avant de quitter le pays. Cette facilité d’accès et l’appât du gain attirent inévitablement les plus jeunes.
des cas concrets de vol et de précarité
Les conséquences de cette pratique se mesurent en drames familiaux. Dans le quartier Ngabo, un enfant de dix ans a échangé contre 600 FCFA la bouteille de gaz de sa mère. À Ndjari, un autre mineur, âgé de huit ans, a cédé le vélo de son frère pour seulement 250 FCFA. Plus alarmant encore, dans le quartier Zafaye, un jeune a vendu une partie du moteur d’un véhicule familial pour 1 000 FCFA. Ces exemples illustrent la vulnérabilité des foyers face à l’urgence financière des enfants.
l’impact sur l’éducation et la moralité des jeunes
Les parents, désemparés, dénoncent cette situation qui favorise le vol et expose leurs enfants à des risques élevés. Beaucoup craignent que ces comportements, normalisés par l’environnement, ne compromettent leur avenir. Les observateurs soulignent que cette dynamique pourrait mener à une augmentation de la délinquance juvénile et, à terme, fragiliser la cohésion sociale.
des appels à l’intervention des autorités
Face à cette crise, les citoyens réclament des mesures urgentes. Parmi leurs revendications : l’interdiction formelle de l’achat de ferraille auprès des enfants, un contrôle renforcé des commerçants ambulants, et la protection systématique des mineurs. Les autorités locales sont interpellées pour agir sans délai et préserver l’intégrité des jeunes générations.
La question dépasse désormais le cadre économique. Elle touche à la protection de l’enfance et à la construction d’un avenir serein pour chaque enfant tchadien.