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Kinshasa confrontée à la détresse des déplacés de l’Est

République démocratique du Congo 2025 | Des habitants fuient Kibati

À Kinshasa, des milliers de personnes ayant fui les combats dans l’est de la République démocratique du Congo vivent dans des conditions humanitaires alarmantes. Plusieurs décès ont été recensés faute d’assistance adéquate.

La majorité de ces déplacés internes proviennent des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où ils ont échappé à l’avancée des rebelles de l’AFC-M23 il y a plus d’un an. D’autres ont quitté la province voisine de l’Ituri après des attaques perpétrées par des groupes armés tels que la coopérative de développement du Congo (Codéco) et les Forces démocratiques alliées (ADF).

Abandonnés à leur sort

Plus de 2 600 ménages se trouvent dans une situation humanitaire très préoccupante. Beaucoup d’entre eux sont désormais sans abri, ayant dû quitter les églises et les mosquées qui leur offraient un refuge temporaire.

Ce qui inquiète particulièrement, c’est la présence parmi ces déplacés de nombreuses personnes vulnérables : femmes enceintes, personnes handicapées, enfants, étudiants et personnes âgées. Tous manquent de soins de santé, de logement et de nourriture.

« Parmi les personnes vulnérables, nous avons des femmes enceintes, des personnes vivant avec handicap, des enfants, des étudiants et des personnes du troisième âge. Ils sont ici et n’ont accès ni aux soins de santé, ni au logement, ni à la nourriture. Ils sont en difficulté totale », déplore Jordan Mulikuza, président des déplacés de l’Est à Kinshasa.

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Le calvaire des étudiants déplacés

Parmi les déplacés, certains étudiants ont fui la guerre, tandis que d’autres étaient déjà arrivés à Kinshasa avant le conflit pour poursuivre leurs études. Aujourd’hui, ils vivent dans des conditions difficiles, loin de leurs parents qui ont fui ou, dans le pire des cas, ont été tués. Jacques Chiza, représentant de ces étudiants, témoigne :

« Nous traversons des moments très difficiles. Nous n’avons pas de quoi manger. La majorité des étudiants passent la nuit dehors parce qu’ils n’ont pas où dormir. Nous n’avons vraiment aucune assistance. Nous demandons à toute personne de bonne volonté de nous venir en aide, car la situation est alarmante. »

L’État attendu pour une réponse immédiate

Seize personnes ont perdu la vie faute d’accès aux soins de santé dans la capitale congolaise. Les déplacés internes multiplient les appels aux autorités et aux organisations humanitaires, mais sans résultat significatif jusqu’à présent. Ils réclament une prise en charge par l’État.

« Nous avons des cas de maladie tous les jours. Je lance un cri d’alarme à la communauté internationale, aux organisations des Nations unies et au gouvernement pour qu’ils puissent intervenir », souligne leur président, Jordan Mulikuza, avant d’avertir : « Nous demandons aux autorités d’agir avant que le pire n’arrive. En tout cas, nous lançons un cri d’alarme au chef de l’État pour une action urgente. »

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Alors que les déplacés souhaitent être regroupés sur un site pour faciliter l’accès à l’aide humanitaire, Théogène Nkundiye, conseiller au ministère des Affaires sociales, Action humanitaire et Solidarité nationale, a indiqué que « leur situation est connue et fait l’objet d’une étude pour une solution durable. C’est encore trop tôt pour en parler aujourd’hui. On en saura plus au moment opportun. »

Aucune décision concrète n’a donc encore été prise pour venir en aide à ces milliers de déplacés internes qui survivent comme ils le peuvent dans la capitale congolaise.

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