
L’Église catholique rejette catégoriquement le projet de troisième mandat
Le mouvement de contestation contre la modification de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC) gagne en intensité. La Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (CENCO) vient d’exprimer son désaccord total face à cette initiative. Pour les prélats, cette manœuvre vise uniquement à permettre au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, au mépris des limitations actuelles. Cette dérive politique est perçue par l’institution religieuse comme une menace directe pour l’unité nationale.
Un avertissement solennel face aux risques de déstabilisation
Les autorités ecclésiastiques alertent sur les conséquences d’un passage en force, évoquant même un risque de balkanisation du territoire. Elles exhortent le peuple congolais à rester vigilant et à prendre son destin en main pour éviter que l’avenir du pays ne soit durablement compromis. La CENCO rappelle également au chef de l’État l’importance de respecter son serment constitutionnel. Reste à savoir si cet appel à la sagesse sera entendu par le pouvoir en place.
L’exécutif semble pourtant déterminé à poursuivre son agenda, surtout après l’adoption par le parlement de la loi ouvrant la voie à un référendum constitutionnel. Cette situation crée une convergence d’intérêts entre l’Église et l’opposition politique. Bien que les évêques affirment ne pas prendre parti, leur position renforce considérablement le camp des opposants à la révision. Pour le président, ignorer ces signaux pourrait fragiliser son autorité et engendrer des tensions sociales majeures.
Un contexte socio-économique déjà fragile en RDC
Félix Tshisekedi se trouve aujourd’hui dans une position délicate. Par le passé, l’influence de la CENCO avait été déterminante pour freiner les ambitions de son prédécesseur, Joseph Kabila. Le président actuel, qui a autrefois bénéficié du soutien moral de l’Église dans ses propres luttes, doit désormais composer avec cette force morale qui demande le respect de l’ordre établi. Des actions de protestation sont d’ores et déjà envisagées par le clergé.
Dans un pays déjà meurtri par les conflits armés dans l’Est et confronté à des crises sanitaires comme l’épidémie d’Ebola, une nouvelle crise politique liée à la révision constitutionnelle RDC serait dévastatrice. Le peuple congolais, qui endure déjà de nombreuses souffrances, aspire à la stabilité plutôt qu’à des manœuvres de maintien au pouvoir. Le choix de Félix Tshisekedi déterminera si le pays s’engage vers l’apaisement ou vers une période d’incertitude prolongée.