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La cnr défie le président oligui nguema sur sa gestion de la transition au Gabon

La Coalition nationale républicaine (CNR) lance une offensive politique sans précédent contre le régime en place au Gabon. Dans une déclaration percutante, l’alliance s’en prend directement au président de la transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’elle accuse de s’écarter des principes fondateurs du changement institutionnel né après le renversement d’Ali Bongo Ondimba. Cette prise de position, marquée par un ton particulièrement tranchant, reflète un durcissement sans précédent de la scène politique gabonaise.

Oligui Nguema sous le feu des critiques de la CNR

La CNR reproche au dirigeant gabonais une série de dérives dans la gestion des affaires publiques. Selon elle, l’exécutif oscille entre décisions précipitées et volte-faces, peinant à définir une ligne claire sur les grandes orientations économiques et institutionnelles. Ces revirements répétés, souligne la coalition, alimentent une insécurité politique préjudiciable aussi bien aux investisseurs qu’aux partenaires étrangers du pays.

Le ton employé par la CNR est sans ambiguïté : elle évoque des manquements patents, dénonçant un manque de rigueur et de préparation dans l’élaboration des politiques publiques. Cette attaque dépasse le cadre d’un simple débat partisan. Elle interroge la capacité du régime issu du coup d’État du 30 août 2023 à concrétiser l’élan initial en une gouvernance stable, apte à affronter les défis à venir.

Une transition politique sous haute tension

Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires, le Gabon suit un calendrier de transition dont les jalons ont été plusieurs fois remaniés. Le référendum constitutionnel, l’adoption d’un nouveau Code électoral, puis l’élection présidentielle d’avril 2025, remportée par Oligui Nguema, ont dessiné une trajectoire présentée par ses soutiens comme un retour ordonné à la légalité constitutionnelle. Pourtant, ses détracteurs y voient une stratégie de consolidation personnelle du pouvoir.

C’est précisément sur ce point que la CNR entend marquer son territoire. En pointant du doigt les incohérences de la gouvernance actuelle, la coalition cherche à s’imposer comme une force d’opposition organisée, encore peu structurée dans le pays. Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux acteurs politiques, issus du cercle Bongo ou de la société civile, réévaluent leur position face à un exécutif ayant accaparé l’essentiel de l’espace médiatique et politique depuis deux ans.

Les reproches de la CNR portent autant sur la méthode que sur le contenu. Elle dénonce un manque de dialogue avec les acteurs intermédiaires et les forces politiques. Concernant les réformes, elle questionne leur cohérence, leur lisibilité et la capacité du gouvernement à tenir les promesses de rupture annoncées en début de transition.

Un impact qui dépasse les frontières gabonaises

Au-delà du débat interne, la prise de position de la CNR résonne bien au-delà des frontières du Gabon. Libreville est sous surveillance étroite de ses partenaires africains, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et des bailleurs internationaux, soucieux de la pérennité institutionnelle du pays. Toute opposition structurée à la trajectoire choisie par Oligui Nguema influence les évaluations menées à Brazzaville, Addis-Abeba ou Paris.

Cependant, la coalition devra transformer cette sortie médiatique en une dynamique politique durable pour peser réellement. Les prochaines élections locales et législatives serviront de premier test. Elles révéleront si les critiques formulées rencontrent un écho auprès d’un électorat encore largement en quête de changements concrets : pouvoir d’achat, accès aux services publics et lutte contre la corruption.

Pour le pouvoir gabonais, l’enjeu est double. Il doit répondre aux griefs soulevés pour préserver la crédibilité de l’action publique. Parallèlement, il doit empêcher que les contestations, aujourd’hui dispersées, ne s’unissent en une opposition capable de fédérer au-delà de ses bases traditionnelles.

La cnr défie le président oligui nguema sur sa gestion de la transition au Gabon
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