Les tensions récentes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ne doivent pas occulter les promesses non tenues et les incohérences qui jalonnent leur parcours politique.
Durant des mois, les deux figures ont œuvré de concert pour éviter que le Président ne quitte le Conseil supérieur de la magistrature, malgré l’engagement pris de réformer cette institution. De même, ils ont choisi d’ignorer les appels à candidature pour les postes de direction, alors que ces mesures figuraient explicitement dans leur programme électoral.
Autre promesse trahie : l’abrogation de la loi d’amnistie, finalement maintenue en l’état sans aucune justification publique. Pire encore, les fonds politiques ont été répartis sans transparence, alors que la réforme de leur encadrement ne nécessitait qu’une majorité parlementaire, acquise peu après leur arrivée au pouvoir.
Cette majorité, obtenue sans difficulté, aurait dû permettre d’agir rapidement. Pourtant, des réformes essentielles, comme la déclaration effective des patrimoines – exigée par les conventions onusiennes et africaines contre la corruption –, restent lettre morte.
L’Assemblée nationale, symbole de la démocratie nigérienne, mérite mieux que des querelles stériles et des tentatives de manipulation politique. La rupture actuelle ne doit pas servir de paravent à un manque de résultats concrets.
Thierno Bocoum
Président de l’association AGIR-LES LEADERS