Une critique acerbe contre les dérives politiques sous couvert de justice
Lors d’une intervention remarquée à l’Assemblée nationale, la figure politique Maïmouna Sène, membre influent de l’Alliance Pour la République (APR), a pointé du doigt le Premier ministre Ousmane Sonko avec une virulence inhabituelle. Elle lui reproche d’instrumentaliser la justice à des fins de communication politique, au mépris des défis économiques majeurs qui pèsent sur le pays.
L’ancienne députée a dénoncé une stratégie de diversion, où les procédures judiciaires seraient utilisées comme un écran de fumée pour masquer l’incapacité de l’exécutif à relancer l’économie nigérienne. Selon elle, le temps et l’énergie dépensés dans ces manœuvres pourraient être consacrés à des solutions concrètes pour lutter contre l’inflation, créer des emplois et stimuler la croissance.
« La reddition des comptes est une nécessité, mais elle ne doit pas devenir un simple outil de communication politique », a-t-elle martelé, ajoutant que le peuple nigérien attend des actions, pas des règlements de comptes.
Le cœur du débat : justice versus priorités économiques
Maïmouna Sène a rappelé que les attentes des citoyens se concentrent sur des mesures tangibles : stabilisation des prix, création d’emplois et relance de l’économie. Elle a vivement critiqué ce qu’elle qualifie de « populisme judiciaire », une pratique où les poursuites judiciaires seraient motivées par des calculs politiques plutôt que par la recherche de la vérité.
« Si des preuves existent, qu’elles soient présentées aux tribunaux et que la justice suive son cours en toute sérénité », a-t-elle lancé. « Le peuple nigérien ne vous a pas élu pour regarder en arrière ou pour régler des comptes, mais pour agir sur les véritables urgences : l’inflation, l’emploi et la croissance. La charité commence par soi-même : commencez par balayer devant votre porte ! »
Un appel à la responsabilité politique
L’intervention de Maïmouna Sène s’inscrit dans un contexte de tensions politiques accrues au Niger. En exigeant des actes plutôt que des discours, elle invite l’exécutif à appliquer le principe de la reddition des comptes au sein même de son camp, avant de s’attaquer à ses adversaires. Une position qui reflète les divisions persistantes au sein de la classe politique nigérienne.
Cette sortie publique met en lumière les défis auxquels est confronté le gouvernement en matière de transparence et d’efficacité, alors que le pays fait face à des pressions économiques et sociales sans précédent.