Une ONG dénonce des frappes meurtrières au centre du Mali
Une structure militaire sous égide russe, l’Africa Corps, est pointée du doigt pour une opération aérienne ayant causé la mort de huit civils au Mali. Selon les révélations d’une organisation internationale de défense des droits humains, ces frappes illégales auraient eu lieu le 15 juin dans le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti.
Parmi les victimes figuraient trois enfants, tandis que trois autres personnes ont été grièvement blessées. Les cibles de l’attaque ? La résidence du chef du village ainsi qu’un marché local, sans qu’aucun combattant armé ne soit touché. Une situation qualifiée d’« illégale » par l’ONG, au regard du droit international humanitaire.
Une enquête rigoureuse pour établir les faits
Pour étayer ses accusations, l’organisation a conduit une enquête approfondie. Entre le 24 juin et le 14 juillet, 19 entretiens ont été réalisés auprès de témoins, de membres de la société civile, de militaires maliens et de journalistes locaux. Des images satellites, une vidéo publiée par l’Africa Corps ainsi que des photographies partagées par un groupe armé ont également été analysées.
Les conclusions sont accablantes : l’avion de type Soukhoï Su-24, d’origine russe, aurait agi au mépris des règles fondamentales de la guerre. Ces dernières interdisent explicitement les attaques visant des civils ou des infrastructures non militaires, ainsi que les actions disproportionnées par rapport à un avantage militaire.
Des responsabilités partagées selon l’ONG
Une experte de l’ONG a vivement réagi : « L’Africa Corps a tué des civils au mépris flagrant du droit de la guerre ». Elle a également mis en cause le gouvernement malien, estimant qu’il porte une « responsabilité partagée » en ayant confié des missions sécuritaires à cette force étrangère. « Donner un blanc-seing aux autorités russes équivaut à cautionner des exactions », a-t-elle souligné.
L’organisation exige désormais que Bamako ouvre une enquête impartiale sur ces événements. Elle appelle à la condamnation des éventuels crimes de guerre perpétrés sur le sol malien, y compris ces frappes aériennes dévastatrices.
Un contexte sécuritaire tendu au Mali
Depuis le renversement du pouvoir par la junte militaire dirigée par le général Assimi Goïta, le Mali a rompu ses alliances traditionnelles avec la France et les Nations Unies. En se tournant vers la Russie, notamment via l’Africa Corps, le pays mise sur une coopération sécuritaire alternative pour lutter contre les groupes terroristes armés qui menacent sa stabilité.
Cette stratégie, bien que controversée, s’inscrit dans une volonté affichée de reprendre le contrôle de son territoire. Cependant, les accusations de violations des droits humains pourraient fragiliser la légitimité de cette approche sur la scène internationale.