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L’alliance Maroc-États-Unis, un pilier géopolitique au cœur de la crise de ceuta

l’alliance Maroc-États-Unis, un pilier géopolitique au cœur de la crise de ceuta

Rencontre entre le roi Mohammed VI et le président américain Donald Trump.

Des relations diplomatiques nées il y a plus de deux siècles à la crise migratoire de Ceuta, l’alliance entre le Maroc et les États-Unis s’impose comme un acteur clé dans les équilibres géopolitiques de l’Afrique du Nord. Cette collaboration, marquée par des soutiens mutuels et des intérêts stratégiques, a été particulièrement mise en lumière lors des récentes tensions autour de l’enclave espagnole.

Migrants près de la frontière entre le Maroc et Ceuta, en route vers l’enclave espagnole.

Plus de 70 000 personnes ont franchi illégalement la frontière vers Ceuta ces dernières semaines, provoquant une crise humanitaire sans précédent. Malgré ce contexte tendu, Washington n’a jamais remis en cause le rôle du Maroc dans cette situation, soulignant ainsi l’étroitesse de leurs liens.

Des racines historiques profondes

L’histoire de cette alliance remonte à une époque où les États-Unis n’étaient qu’une jeune nation. Dès 1777, alors que les États-Unis obtenaient leur indépendance, le sultan Mohammed III du Maroc ouvrait les ports marocains aux navires américains, marquant ainsi la première reconnaissance internationale de la nouvelle république.

Cette relation s’est officialisée en 1786 avec la signature du Traité de paix et d’amitié à Marrakech, un accord toujours en vigueur aujourd’hui. Ce traité offrait aux États-Unis une protection contre les corsaires nord-africains et ouvrait des perspectives commerciales cruciales pour la jeune nation.

Scène du marché de Tanger au XIXe siècle, illustrant les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Europe.

Selon Timothy W. Kneeland, professeur d’histoire à l’université de Nazareth (New York), « la position stratégique du Maroc, à l’intersection des mondes méditerranéen, africain et islamique, a fait de ce pays un partenaire incontournable pour les États-Unis dans leur quête de reconnaissance internationale et d’expansion commerciale ».

Sécurité et coopération militaire : un partenariat renforcé

La collaboration sécuritaire entre les deux pays a pris une nouvelle dimension après les attentats du 11 septembre 2001. Le Maroc, reconnu comme un allié clé dans la lutte contre le terrorisme, a été désigné en 2004 comme allié majeur non membre de l’OTAN. Cette distinction lui permet d’accéder à des équipements militaires avancés et à une coopération renforcée.

Les exercices conjoints, comme African Lion, figurent parmi les plus importants du continent africain. Les forces spéciales marocaines et américaines s’entraînent régulièrement ensemble, tandis que les deux pays co-dirigent le groupe Afrique de la coalition internationale contre Daech. Les données du SIPRI révèlent que les États-Unis représentent 60 % des importations d’armes du Maroc entre 2021 et 2025, devant Israël et la France.

Avion de combat F-16 marocain, symbole de la modernisation de l’armée grâce à la coopération avec les États-Unis.

Le Sahara occidental, un enjeu diplomatique majeur

L’un des chapitres les plus marquants de cette alliance concerne le Sahara occidental. Dès 1975, les États-Unis ont apporté un soutien discret mais constant à la position marocaine, notamment lors de la Marche verte organisée par Hassan II pour revendiquer la souveraineté sur ce territoire.

En 2020, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont officiellement reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une décision saluée par Rabat. Cette position reste inchangée aujourd’hui, avec Washington considérant le plan d’autonomie proposé par le Maroc comme la seule solution viable au conflit.

Sarah Yerkes, chercheuse à la Fondation Carnegie, souligne que « le Maroc est le membre le plus performant des accords d’Abraham, et sa normalisation avec Israël, malgré les tensions régionales, renforce encore sa position stratégique ».

Un triangle géopolitique sous tension : Maroc, États-Unis et Espagne

La crise de Ceuta a révélé les fractures au sein du triangle formé par le Maroc, les États-Unis et l’Espagne. Madrid, partenaire militaire clé de Washington en Europe, dépend également de la coopération marocaine pour gérer les flux migratoires en Méditerranée.

Cependant, les récentes tensions ont mis en lumière des divergences. L’Espagne a accusé le Maroc d’avoir facilité l’afflux de migrants vers Ceuta, tandis que Washington a critiqué la gestion espagnole de la frontière. Donald Trump a qualifié la situation de « catastrophe » comparable à une « invasion », sans jamais évoquer un rôle actif de Rabat.

Frontière terrestre entre le Maroc et Ceuta, lieu de tensions migratoires récurrentes.

Cette situation a mis en évidence la solidité de l’alliance Maroc-États-Unis, au détriment des relations entre Washington et Madrid. Certains experts estiment que le Maroc pourrait devenir un partenaire encore plus stratégique pour les États-Unis, notamment en raison des restrictions imposées par l’Espagne sur l’utilisation de ses bases militaires pour des opérations en Iran.

En conclusion, l’alliance entre le Maroc et les États-Unis, solidement ancrée dans l’histoire et renforcée par des intérêts communs, continue de façonner les dynamiques géopolitiques en Afrique du Nord. Son rôle dans la crise de Ceuta illustre à quel point ce partenariat dépasse les simples relations bilatérales pour influencer les équilibres régionaux.

L’alliance Maroc-États-Unis, un pilier géopolitique au cœur de la crise de ceuta
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