Lambert Mende tranche sans ambiguïté : le président Tshisekedi doit achever son mandat malgré les tensions
Lors d’une allocution marquante devant les militants de la Convention des Congolais Unis (CCU), Lambert Mende Omalanga a livré une analyse sans fard de la crise multidimensionnelle qui frappe la République démocratique du Congo. Son intervention, articulée autour d’une question cruciale « De quoi demain sera-t-il fait ? », a servi de cadre à une réflexion sur la survie même de l’État congolais.
À travers ce message adressé à la Nation, le président de la CCU a dressé un constat sans concession : les bouleversements géopolitiques des trente dernières années ont profondément fragilisé la stabilité de la RDC, en particulier dans sa partie orientale, théâtre d’un conflit larvé depuis 1996.
Le Rwanda pointé du doigt pour déstabilisation persistante
Dans une charge directe contre Kigali, Lambert Mende a pointé du doigt le rôle central du Rwanda dans l’instabilité chronique de l’Est congolais. Selon lui, plusieurs groupes armés opérant dans cette région agiraient en qualité de supplétifs des autorités rwandaises.
Il a rappelé les justifications successives invoquées par le président rwandais Paul Kagame pour légitimer les interventions militaires au Congo, depuis la lutte contre les FDLR jusqu’à la protection des Tutsi du Kivu. Cependant, pour Lambert Mende, ces arguments masqueraient désormais des ambitions territoriales clairement incompatibles avec l’intégrité territoriale de la RDC.
Un espoir malgré tout : la pression diplomatique fait son effet
Malgré l’ampleur de la crise, le leader de la CCU a affiché une confiance mesurée dans l’évolution de la situation. Il a cité en exemple les sanctions américaines contre le Rwanda, qu’il considère comme un levier déterminant pour faire plier le régime de Kigali.
Lambert Mende a salué par ailleurs les avancées enregistrées dans le processus de désarmement volontaire des FDLR, un pas qu’il juge crucial pour délégitimer les prétentions rwandaises d’intervention « humanitaire » dans l’Est congolais.
Dialogue national : la CCU impose ses conditions
Sur la question d’un éventuel Dialogue national inclusif, Lambert Mende a reconnu une convergence inédite entre le pouvoir, l’opposition et la société civile sur la nécessité d’un tel forum. Toutefois, la CCU a posé des conditions strictes : la priorité absolue doit être accordée à la réponse à l’agression rwandaise et au renforcement de la cohésion nationale.
Le parti exige notamment que ce Dialogue aboutisse à l’élaboration d’un mécanisme de prévention et de lutte contre le terrorisme, « quelles que soient ses origines ». Par ailleurs, la participation de personnalités condamnées pour collaboration avec l’agresseur ou de membres de groupes armés inféodés à Kigali doit être exclue de facto.
Réforme constitutionnelle : distinguer l’essentiel de l’accessoire
Lambert Mende a également abordé la question de la réforme constitutionnelle, un sujet qui divise actuellement la classe politique congolaise. Pour lui, il est impératif de dissocier l’adoption d’une loi référendaire de l’organisation concrète d’un référendum. Il a rappelé que ce dernier constitue une procédure démocratique fondamentale, tout en soulignant que les États peuvent adapter leur calendrier institutionnel en cas de circonstances exceptionnelles.
Il a illustré son propos en citant les États-Unis durant les crises majeures du XXe siècle ou encore l’Ukraine en guerre, deux exemples où la flexibilité institutionnelle s’est imposée comme une nécessité.
Tshisekedi doit rester au pouvoir : un impératif sécuritaire
Le discours de Lambert Mende a directement abordé la question de l’avenir politique du président Félix-Antoine Tshisekedi. Selon la CCU, tant que l’agression rwandaise perdure, le chef de l’État doit demeurer en poste. Le leader congolais a salué les actions politiques, militaires et diplomatiques engagées par Tshisekedi contre cette agression, le présentant comme le seul dirigeant congolais depuis 1996 à avoir pris des mesures concrètes dans ce dossier.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur la réforme constitutionnelle et l’avenir institutionnel du pays agite la sphère politique congolaise.
Urgence nationale : sécurité et cohésion avant tout
Dans un plaidoyer vibrant pour l’unité nationale, Lambert Mende a appelé les Congolais à mettre de côté leurs divergences politiques. Pour lui, ces dernières peuvent attendre : la priorité absolue est la sécurité et la survie de l’État congolais, dans un contexte à la fois sécuritaire et humanitaire.
Il a évoqué l’évolution de l’épidémie d’Ebola dans les zones frontalières, où les combats opposent forces rwandaises et congolaises, aggravant une situation déjà critique.
Alliance stratégique avec les États-Unis : un partenariat salvateur
En conclusion, Lambert Mende a apporté son soutien à l’initiative de Félix Tshisekedi visant à sceller une alliance stratégique avec les États-Unis. Pour lui, ce partenariat pourrait renforcer la résilience du peuple congolais et permettre à la RDC de bâtir une stratégie de puissance face aux défis multidimensionnels auxquels elle est confrontée.
« La maison commune brûle », a martelé le leader de la CCU, appelant les Congolais à transcender leurs querelles politiques pour se concentrer sur la défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale.
Son message, à la fois alarmant et mobilisateur, se veut un plaidoyer en faveur de l’unité nationale, de la cohésion et de la mobilisation collective face à la crise sécuritaire qui menace l’avenir même de la République démocratique du Congo.
« Que vive la République démocratique du Congo, une et indivisible ! », a-t-il conclu, scellant ainsi son appel à l’union sacrée.