Laurent gbagbo reste leader du ppa-ci en Côte d’Ivoire

Laurent Gbagbo conserve la présidence du PPA-CI malgré ses déclarations de retrait

Lors de son premier congrès ordinaire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a finalement reconduit Laurent Gbagbo à sa tête à l’unanimité. L’ancien président ivoirien, âgé de 80 ans, avait pourtant évoqué fin 2025 son souhait de quitter la vie politique et de ne plus briguer de fonctions au sein de son parti. Pourtant, l’enthousiasme des militants présents au Palais des congrès de Treichville, à Abidjan, a confirmé son maintien à la tête de la formation politique.

Portrait de Laurent Gbagbo lors d'un événement politique en Côte d'Ivoire

Malgré cette reconduction, Laurent Gbagbo n’a pu se présenter à l’élection présidentielle d’octobre 2025 en raison d’une condamnation pénale l’empêchant d’être inscrit sur les listes électorales. Son rival Alassane Ouattara a remporté le scrutin, tandis que le PPA-CI a choisi de ne soutenir aucun candidat et a boycotté les législatives de décembre. Résultat : le parti ne compte plus aucun député et seulement quelques maires à son actif.

Un congrès marqué par l’unité et les décisions fortes

Vendredi, en clôture du congrès, Laurent Gbagbo a été accueilli sous une standing ovation par ses partisans. « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaleureuse, je vous remercie », a-t-il déclaré avant d’annoncer un discours détaillé pour le lendemain à Songon, dans le sud du pays. Ses propos contrastent avec ses déclarations d’octobre 2025, où il affirmait vouloir « s’interdire d’occuper des fonctions politiques » et quitter la direction du parti.

Parmi les décisions prises lors de ce congrès, une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a été adoptée à l’unanimité. Cette confédération, dirigée par des juntes militaires aux relations tendues avec Abidjan, a ainsi obtenu le soutien du PPA-CI. Par ailleurs, des sanctions internes ont été prononcées contre des membres du parti accusés de désobéissance : Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle de 2025 contre l’avis du parti, a été exclu, tandis que Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a été suspendu pour 18 mois.

Un parti affaibli et une gauche ivoirienne fragmentée

Le PPA-CI traverse une période difficile, marqué par des boycotts électoraux et une perte d’influence. Plusieurs figures historiques de la « gauche ivoirienne », comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé (son ancien allié) ou encore Pascal Affi N’Guessan (ancien Premier ministre), ont quitté le parti, fragilisant davantage sa structure. La survie politique de Laurent Gbagbo dépend désormais de sa réinscription sur les listes électorales, une possibilité conditionnée à une amnistie de la part du président Alassane Ouattara, qui l’a remplacé après la crise post-électorale de 2010-2011.

Son avenir politique reste donc incertain, mais son maintien à la tête du PPA-CI montre que son influence auprès d’une partie de l’électorat ivoirien persiste malgré les défis internes et externes.

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