Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête de la junte au pouvoir depuis septembre 2022, a clairement affiché son opposition à la démocratie lors d’une déclaration publique diffusée sur les médias nationaux. Selon lui, le peuple burkinabè devrait « oublier » ce système politique, jugé inadapté au pays.
Cette prise de position intervient alors que la transition politique, initialement prévue pour juillet 2024, a été prolongée par une charte controversée. Ce texte permet à Ibrahim Traoré de se maintenir au pouvoir jusqu’en 2029, tout en lui ouvrant la possibilité de se présenter aux prochaines élections. Une décision qui suscite de vives critiques, notamment sur la légitimité du processus.
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une transition politique détournée par la junte
En octobre 2025, la junte a dissous la Commission électorale nationale indépendante (Céni), puis, en février 2026, interdit l’activité des partis politiques, dont certains étaient déjà suspendus. Une série de mesures qui renforce le contrôle du régime sur la vie politique du pays.
« la démocratie, ce n’est pas pour nous » : les propos choc d’Ibrahim Traoré
Lors d’un entretien télévisé diffusé le 2 avril 2026, le chef de l’État de fait a réitéré son rejet de la démocratie. « On ne parle même pas d’élections d’abord (…) il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a-t-il déclaré. Une affirmation qui s’inscrit dans la continuité de ses déclarations passées, où il avait déjà assumé l’absence de système démocratique au Burkina Faso.
Cette interview, d’une durée exceptionnelle de plus de deux heures, a été accordée à des journalistes locaux et internationaux, dont des médias italiens et britanniques. Un fait rare pour un régime souvent critiqué pour son manque de transparence.
un régime en rupture avec l’occident et les médias étrangers
Depuis son arrivée au pouvoir, Ibrahim Traoré mène une politique hostile à l’Occident et particulièrement à la France. Plusieurs médias internationaux ont vu leur diffusion suspendue ou interdite, tandis que certains journalistes ont été expulsés du territoire.
Le capitaine Traoré a également évoqué le sort de son prédécesseur, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, accusé d’être impliqué dans des tentatives de coup d’État et poursuivi pour corruption. « Un juge l’a déjà vu (…) il est entre les mains de la justice », a-t-il affirmé, confirmant la détention de Damiba.
« Le Burkina Faso est miné depuis près de dix ans par les violences des groupes jihadistes, qui ont fait des milliers de morts. »
l’armée et les milices accusées de violations des droits humains
Les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), milices pro-gouvernementales, sont pointés du doigt par plusieurs ONG pour des exactions commises contre des civils. Ibrahim Traoré a catégoriquement rejeté ces accusations, déclarant qu’« il n’y a pas de preuves ».
Concernant l’appui international, il a précisé que la Russie, alliée du régime, fournissait des équipements militaires, mais sans formation directe de l’armée burkinabè. « Sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent », a-t-il souligné.
Cette situation politique et sécuritaire au Burkina Faso soulève des questions sur l’avenir de la transition et le respect des droits fondamentaux dans le pays.