Le gouvernement nigérien a acté la fin de l’exploitation des gisements d’uranium par le groupe français Orano Mining. Une décision historique adoptée lors du dernier Conseil des ministres, présidé par le général Abdourahamane Tiani. L’État a choisi de confier cette ressource stratégique à une nouvelle entreprise publique, la TSUMCO SA, remplaçant ainsi les anciennes structures exploitées depuis des décennies.
Le décret présidentiel a été publié après l’annulation de la concession accordée à Orano Mining sur le site d’Arlit, un gisement exploité depuis 1978. Cette concession, initialement prévue pour 75 ans, a été officiellement reprise par la Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (TSUMCO SA), une société 100 % nigérienne. Le nom de cette entité fait directement référence à une nappe phréatique locale, symbolisant la volonté des autorités de préserver les ressources naturelles du pays, fortement impactées par des décennies d’exploitation minière.
Dans un communiqué officiel, les responsables nigériens ont mis en avant les « dommages environnementaux dramatiques » causés par l’exploitation uranifère autour d’Arlit, notamment sur les sols et les ressources en eau. Ils ont également souligné l’obligation pour les anciennes compagnies minières de s’acquitter de leurs dettes fiscales et de restaurer les sites dégradés.
Une rupture contractuelle et judiciaire avec Orano
La réglementation minière nigérienne impose désormais une redevance annuelle de 25 millions de francs CFA par km² sur les zones non exploitées de la concession d’Arlit. Une ordonnance publiée en août 2024 a servi de base légale pour sanctionner le refus d’Orano Mining de s’acquitter de cette obligation, entraînant une mise en demeure en septembre 2025. L’absence de régularisation dans les délais impartis a conduit à l’annulation définitive du contrat d’exploitation.
Le ministre nigérien des Mines, Ousmane Abarchi, a dénoncé les « manœuvres judiciaires répétées » du groupe français, qu’il qualifie de « harcèlement systématique ». Ces procédures visent, selon lui, à bloquer la commercialisation de l’uranium nigérien sur les marchés internationaux, une stratégie perçue comme une tentative de pression économique. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de remaniement des partenariats stratégiques du Niger, marqué par une volonté croissante d’autonomie dans la gestion de ses ressources naturelles.
Cette nationalisation marque une étape décisive dans la politique minière du pays, visant à réaffirmer sa souveraineté sur des ressources essentielles pour son développement économique et énergétique.