Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Niger Eveil

Média d'éveil citoyen pour le Niger, offrant une information rigoureuse, indépendante et engagée.

Le premier ministre sénégalais déploie une réponse ferme face aux pressions occidentales sur les droits lgbt+

Le Premier ministre sénégalais dénonce une ingérence occidentale sur les valeurs sociétales

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko s'exprime lors d'un discours à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 16 mai 2024

Dans un discours marquant devant les députés, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a fermement rejeté les critiques venues de l’Occident concernant le durcissement de la législation contre l’homosexualité. Il a dénoncé une tentative d’imposer des normes sociétales étrangères au pays, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à appliquer sans concession la nouvelle loi.

Le Sénégal a adopté début mars une réforme législative doublant les peines encourues pour les relations homosexuelles, portant la durée de prison de cinq à dix ans. Promulguée le 31 mars par le président Bassirou Diomaye Faye, cette mesure s’inscrit dans un contexte où les tensions autour des droits LGBT+ se sont intensifiées, avec une succession d’arrestations liées à des soupçons d’homosexualité.

Un rejet catégorique des pressions extérieures

« Nous assistons à une forme de tyrannie. Dans un monde de huit milliards d’habitants, un petit groupe que l’on nomme l’Occident, bien qu’il ne parvienne pas à trancher en son sein, cherche à imposer ses choix au reste du globe. Mais au nom de quel droit ? », a interrogé Ousmane Sonko lors de son intervention. Il a ajouté avoir été témoin de « nombreuses réactions outrancières » émanant notamment de la France, après l’adoption de la loi. « S’ils ont fait ce choix, c’est leur affaire. Mais nous ne recevrons aucune leçon de qui que ce soit. »

Le chef du gouvernement a souligné que contrairement aux pays occidentaux, « aucun État asiatique, africain ou arabe ne s’est permis de critiquer » la position du Sénégal. Il a par ailleurs prévenu : « Si la loi doit être renforcée, elle le sera. »

Une justice appelée à appliquer strictement la loi

Ousmane Sonko a exigé de la justice sénégalaise qu’elle veille à une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la nouvelle disposition. L’objectif affiché ? « Mettre un terme à la propagation de ce phénomène » au sein de la société. Il a également balayé toute velléité de moratoire sur l’application de la loi, répondant sans ambiguïté à une demande formulée récemment par un collectif de personnalités d’origine africaine.

« Il n’y aura pas de moratoire. Une partie de nos élites souffre de complexes », a-t-il déclaré, mettant en lumière les divergences au sein même de la classe politique sénégalaise sur cette question.

Une loi porteuse politiquement dans un contexte sociétal tendu

Les relations entre personnes de même sexe sont traditionnellement perçues comme une déviance au Sénégal, où la majorité musulmane influence fortement les normes sociales. Le durcissement de la répression des actes homosexuels constitue depuis longtemps une promesse électorale phare du camp au pouvoir, répondant à une attente d’une partie de l’électorat.

Cette prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large de résistance aux influences culturelles étrangères, perçues comme une menace pour l’identité nationale. Le gouvernement sénégalais semble ainsi déterminé à maintenir sa ligne, malgré les condamnations internationales et les appels au dialogue.

Le premier ministre sénégalais déploie une réponse ferme face aux pressions occidentales sur les droits lgbt+
Scroll to top