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Le sénat du Bénin entre en fonction à Porto-Novo

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Le Sénat du Bénin entre en fonction à Porto-Novo

La seconde chambre du Parlement béninois s’installe ce jeudi à Porto-Novo pour jouer un rôle consultatif clé dans la gouvernance du pays.

Ce jeudi marque une étape historique pour les institutions béninoises : le Sénat, nouvelle chambre du Parlement, prend officiellement ses fonctions. Composé de 25 membres, dont d’anciens présidents de la République, cette institution vise à renforcer la régulation politique et à apaiser les tensions au sein du paysage institutionnel.

Issue de la révision constitutionnelle de novembre 2025, cette chambre haute s’installera temporairement au siège de l’Assemblée nationale avant de rejoindre ses locaux définitifs. Dès vendredi dernier à Cotonou, les sénateurs se sont réunis à huis clos sous la présidence de Maître Robert Dossou, ancien président de la Cour constitutionnelle, pour poser les bases de leur travail. Leur mission ? Devenir un véritable conseil des sages capable de prévenir les conflits et d’accompagner les réformes.

Un conseil des sages pour une gouvernance apaisée

Parmi les membres du Sénat figurent d’éminentes personnalités comme les anciens présidents Patrice Talon, Boni Yayi et Nicéphore Soglo. Leur présence, bien que marquée par des divergences politiques passées, est perçue comme un atout pour garantir l’équilibre institutionnel. Les citoyens et observateurs y voient une opportunité de stabiliser le climat politique béninois.

« Nous attendons de cette institution qu’elle incarne la sagesse et agisse comme un régulateur politique, surtout après les tensions observées ces dernières années. Les expériences accumulées par ses membres ne doivent pas être gaspillées. », confie Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance.

Eugène Allossoukpo, analyste politique, renchérit : « Le Sénat pourrait devenir un guide vers la paix, en atténuant les clivages liés aux intérêts partisans. Même si les voix dissidentes doivent continuer à s’exprimer, l’écosystème politique béninois gagnera en maturité. »

Un investissement démocratique sous surveillance

Le coût de cette nouvelle institution soulève des questions légitimes. Le gouvernement a déjà alloué 100 millions de francs CFA pour la cérémonie d’installation, et les indemnités des sénateurs, bien que justifiées par leur rang, alimentent les débats. Joël Atayi-Guèdègbé nuance : « La démocratie a un prix, mais il faut veiller à ce que les dépenses restent proportionnelles aux résultats attendus. Avec quatre sessions annuelles prévues, l’espoir est que les réunions exceptionnelles restent limitées. »

Tous les regards sont désormais tournés vers la présidence du Sénat. L’ancien président Patrice Talon pourrait-il en prendre la tête ? Une chose est sûre : les 25 sénateurs béninois devront relever un défi de taille : démontrer que cette nouvelle institution est un levier essentiel pour la stabilité du pays.

Le sénat du Bénin entre en fonction à Porto-Novo
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