Le Tchad recule dans les droits économiques des femmes en Afrique : un diagnostic sans appel
Le dernier rapport de la Banque mondiale sur Women, Business and the Law révèle des disparités criantes entre les nations africaines en matière d’égalité économique entre les genres. Si certains pays africains affichent des progrès notables, le Tchad, lui, peine à suivre le rythme.
Un classement peu reluisant pour le Tchad
Avec un score de 51,40 sur 100, le Tchad se positionne à la 36e place sur 54 économies africaines étudiées. Ce résultat le place juste derrière le Burundi (35e, 52,68 points) et devant des pays comme le Botswana et le Nigeria, tous deux à la 37e place (51,10 points). Une performance insuffisante qui le maintient dans la moitié inférieure du classement continental.
En tête du palmarès, l’île Maurice truste la première place avec 82,30 points. Le Togo, grâce à des réformes audacieuses, se distingue en décrochant la deuxième place (79,33 points), suivi de près par la Côte d’Ivoire (78,25 points). La Zambie et l’Afrique du Sud complètent ce top cinq, grâce notamment à des législations renforçant l’accès au travail, la mobilité et l’entrepreneuriat pour les femmes.
Des avancées limitées malgré quelques progrès
Bien que le Tchad obtienne un score inférieur à la moyenne africaine (environ 67 points) et mondiale, une lueur d’espoir subsiste : l’adoption récente d’une loi contre le harcèlement sexuel dans les espaces publics. Une mesure saluée par le rapport, qui souligne cependant l’insuffisance des dispositifs actuels pour garantir une véritable égalité économique.
Plusieurs domaines restent en effet problématiques, notamment l’accès au crédit, la protection contre les discriminations professionnelles, les droits parentaux partagés et la reconnaissance des droits fonciers et successoraux. Ces lacunes entravent la pleine participation des femmes tchadiennes à l’économie, alors qu’elles représentent une part majeure de la main-d’œuvre, particulièrement dans l’agriculture et le secteur informel.
Un écart persistant entre les textes et leur application
Le rapport met en lumière un phénomène récurrent en Afrique : l’écart entre les législations progressistes et leur mise en œuvre concrète. À l’échelle mondiale, seulement 50 % des lois favorables à l’égalité des genres sont effectivement appliquées. Une situation qui limite l’impact des réformes sur la vie quotidienne des femmes.
Pour le Tchad, ce classement sert de signal d’alarme. La Banque mondiale insiste sur la nécessité de réformer en profondeur les cadres juridiques, en ciblant notamment l’accès au financement, la protection contre les violences économiques et la sécurisation des droits de propriété. Des mesures qui pourraient, à terme, dynamiser l’économie et favoriser une croissance plus inclusive.