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Les États-Unis changent de cap au Sahel pour contrer l’influence de la Russie

Washington amorce un virage diplomatique majeur envers le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces trois nations d’Afrique de l’Ouest, confrontées à l’insurrection djihadiste, ont récemment rompu leurs alliances militaires avec la France pour se rapprocher de la Russie. Face à cette nouvelle donne, les États-Unis tentent désormais de rétablir le dialogue avec les autorités de transition.

Une nouvelle approche basée sur la souveraineté

Le département d’État a confirmé l’envoi de Nick Checker, responsable du Bureau des affaires africaines, à Bamako. Cette mission vise à exprimer la reconnaissance de la souveraineté du Mali par les États-Unis et à définir un nouveau cadre de coopération, en s’affranchissant des tensions diplomatiques antérieures. Washington souhaite également étendre cette collaboration au Burkina Faso et au Niger, en se concentrant sur les défis sécuritaires et économiques partagés.

Un homme recouvert d'un drapeau russe agite les bras et crie alors que les partisans des chefs militaires du Niger se rassemblent pour manifester devant les bases aériennes nigériennes et françaises à Niamey, le 27 août 2023.

Ce changement de stratégie marque une rupture avec l’administration précédente. Alors que le gouvernement de Joe Biden avait suspendu l’aide militaire suite aux coups d’État survenus entre 2020 et 2023, l’actuelle administration Trump privilégie désormais le réalisme politique. Les questions de gouvernance démocratique et de droits de l’homme semblent passer au second plan derrière les impératifs de sécurité et l’accès aux ressources minérales.

La sécurité et les minerais comme priorités stratégiques

Le retrait de l’USAID de la région a marqué le début de cette nouvelle ère, où l’accent est mis sur la lutte antiterroriste. Des conseillers de la Maison Blanche, comme Massad Boulos, ont souligné que les États-Unis n’entendent plus s’ingérer dans les systèmes politiques internes des pays partenaires, laissant les populations libres de choisir leur mode de gouvernance.

Un instructeur militaire américain passe devant des soldats maliens qui pointent leurs armes. Ils portent des tenues de camouflage et se tiennent devant une colline de terre rouge. La photo a été prise en 2018.

L’Africom, par la voix du général John Brennan, a confirmé le maintien d’un soutien actif aux armées locales contre les groupes affiliés à l’État islamique. Le Sahel, qualifié d’épicentre du terrorisme mondial, concentre une part alarmante de la violence extrémiste. Au-delà de la menace sécuritaire, les intérêts économiques sont colossaux : la région regorge d’or, de lithium et d’uranium, des ressources essentielles pour lesquelles la Russie et les États-Unis sont en compétition.

Contrecarrer l’influence de Moscou au Sahel

L’administration américaine cherche à limiter l’influence exclusive de Moscou, qui a déployé des centaines d’agents de sécurité et de mercenaires au Mali et au Burkina Faso. Contrairement à ses alliés européens, Washington semble prêt à tolérer la présence russe tout en proposant son propre partenariat en matière de renseignement et de fourniture d’équipements militaires.

Un homme roule à moto sur une route poussiéreuse à Tombouctou. Des bâtiments construits en parpaings bordent la rue.

Cependant, ce soutien ne prévoit pas le retour massif de troupes au sol ou la réouverture de bases stratégiques comme celle d’Agadez au Niger. L’objectif est d’aider les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) à stabiliser leurs territoires pour éviter que l’instabilité ne s’étende aux pays voisins tels que le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Ghana ou le Nigeria. Malgré ces efforts militaires, la paix durable dans cette région fragile dépendra également de la réponse apportée aux crises sociales et économiques profondes.

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