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Mali : les déplacés dogons de Bankass regagnent leurs villages après un accord avec le Jnim

Mali : les déplacés dogons de Bankass regagnent leurs villages après un accord avec le Jnim

Au Mali, des milliers de personnes déplacées ont choisi de rentrer dans leurs foyers d’origine, dans le cercle de Bankass, au centre du pays. Ce retour est rendu possible grâce à des accords locaux entre les communautés villageoises et le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al Qaïda.

Mali | Vu sur le village de Teli et la plaine de Bankass depuis la falaise de Bandiagara au Pays Dogo (archive de 2010)

Les villageois retrouvent ainsi leurs habitations et leurs terres cultivables, mais en contrepartie de conditions imposées par les groupes djihadistes. Parmi ces obligations figurent le port du voile pour les femmes et l’interdiction de l’enseignement occidental dans les établissements scolaires.

Fermeture d’écoles et port du voile imposés

Ces mesures concernent les codes vestimentaires et les rituels de prière. Elles imposent notamment aux hommes de porter des pantalons courts, la fermeture des écoles républicaines (donc l’interdiction de l’éducation à l’occidentale), ainsi que le port obligatoire du voile pour les femmes.

En échange, les habitants, majoritairement peuls et dogons, peuvent désormais vaquer à leurs activités agricoles ou pastorales, en cette période de début de saison des pluies qui a commencé au Mali en juin.

Qui finance le JNIM et le FLA qui ont attaqué le Mali ?

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, qui préfère garder l’anonymat, est retourné chez lui après sept ans d’absence à cause du conflit. Il est rentré sans sa femme ni ses enfants. Il s’exprime sur l’école publique et les règles vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été détruite par les groupes armés terroristes lors du déplacement du village en 2019. Ils ont tout cassé. Même si on nous demandait de reconstruire l’école tout de suite, nous n’allons pas être d’accord. Nous avons repris nos activités après les garanties données par le maire de Bankass. Nous n’avons pas encore commencé à porter des pantalons courts. Nous ne sommes pas non plus revenus avec nos épouses, pour savoir s’il faut porter le voile islamique ou quelque chose comme cela. »

La culture des champs reprend

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, indique que la signature des accords entre les communautés villageoises et les groupes armés a favorisé un retour massif des déplacés.

« Grâce aux accords signés, les gens reviennent dans toutes les localités abandonnées. Les 13 villages qui accueillent leurs ressortissants comptent deux villages de Kani Bozon, un village de la commune rurale de Dimbal. Tout le reste, ce sont des villages de la commune de Bankass. Il pleut actuellement et beaucoup de revenants ont commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. Tout le monde est satisfait. »

Dans les termes des accords locaux, il est précisé que les autorités coutumières et les notabilités doivent se conformer aux règles établies par les groupes armés terroristes, qui font de l’application de la charia le fondement de leur collaboration avec les villageois.

Mali : les déplacés dogons de Bankass regagnent leurs villages après un accord avec le Jnim
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