Manifestations en RDC : l’opposition contre la loi référendaire relance les tensions
29 juillet 2026La décision de la Cour constitutionnelle, qui valide la loi sur les modalités du référendum, est perçue par l’opposition comme une manœuvre politique. La coalition Article 64 y voit une tentative de révision constitutionnelle déguisée et refuse catégoriquement cette perspective. Parmi ses membres, le porte-parole Prince Epenge appelle à une mobilisation accrue de la population.
« Nous ne céderons pas. Nous mettrons toutes nos forces pour empêcher cette loi de s’appliquer dans notre pays« , déclare-t-il avec fermeté. Il ajoute : « Le peuple congolais est en colère. Il doit rester debout, mobilisé et déterminé à rejeter le troisième mandat et toute velléité de division nationale.«
À Kinshasa, l’inquiétude grandit
Alors que les dirigeants de la coalition Article 64 se réunissaient pour affiner leur stratégie, des habitants de Kinshasa expriment leurs craintes face à une possible escalade des tensions. Beaucoup s’interrogent sur la manière dont ces protestations pourraient se dérouler et redoutent des débordements violents.
« Leur mode d’action sera-t-il pacifique ?« , s’interroge un habitant de la capitale. Il insiste sur l’importance d’éviter « qu’il y ait des pertes humaines« .
Un autre résident craint que « le climat politique en RDC ne se dégrade davantage après cette décision de la Cour constitutionnelle« .
« Ce sont ceux qui veulent semer le chaos qui sont à l’œuvre actuellement« , dénonce un troisième habitant. « Le pouvoir actuel n’hésite pas à instrumentaliser des individus pour perturber les marches de l’opposition« .
Enfin, un dernier témoin s’inquiète pour la population civile : « C’est elle qui paiera le prix fort si les manifestations tournent mal« .
Un dialogue politique en péril
Pour Timo Roujean, analyste à la Fondation Konrad Adenauer, une promulgation rapide de cette loi par le président Félix Tshisekedi pourrait compromettre les efforts de dialogue en cours. « Si la loi est signée avant le 15 août, toute tentative de dialogue sera anéantie« , met-il en garde.
Il souligne que « dans un contexte de discours de plus en plus tendu, où l’on évoque déjà un coup d’État constitutionnel, cette décision de la Cour donne des arguments à ceux qui prônent la confrontation armée« .
La décision de la Cour constitutionnelle marque donc un nouveau tournant dans la crise politique congolaise. Entre une majorité présidentielle désormais dotée d’un cadre juridique et une opposition résolue à bloquer toute réforme constitutionnelle, les prochaines semaines s’annoncent cruciales pour l’avenir du pays.