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Maroc à l’ONU : pourquoi le royaume surprend-il en s’opposant à la levée du blocus contre cuba

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L’Assemblée générale de l’ONU a adopté le 28 octobre 2026 une nouvelle résolution appelant à la fin du blocus américain contre Cuba. Avec 130 voix pour, 17 contre et 25 abstentions, le scrutin confirme une tendance internationale majoritaire. Pourtant, un détail attire l’attention : le Maroc, seul pays africain à voter contre ce texte. Une position qui rompt avec la solidarité continentale affichée depuis des décennies sur ce dossier.

Un scrutin révélateur de basculements diplomatiques à l’ONU

Chaque année, l’ONU se prononce sur l’embargo imposé par les États-Unis à Cuba. En 2026, la résolution a obtenu 130 voix en sa faveur, un chiffre en légère baisse par rapport à 2025 (165 voix). Parmi les 193 États membres, seuls 17 ont rejeté le texte, dont le Maroc, marquant une rupture avec le consensus africain et international.

Cette divergence illustre une recomposition des alliances diplomatiques. Si la majorité des pays africains ont soutenu la résolution, le vote marocain s’inscrit dans une logique de positionnement stratégique, alors que plusieurs États modifient leur approche après des années de soutien inconditionnel.

Le Maroc en marge du positionnement africain sur cuba

Traditionnellement, l’Afrique soutient massivement les résolutions appelant à la levée du blocus contre Cuba. Ce vote s’inscrit dans une tradition diplomatique africaine marquée par la défiance envers les embargos unilatéraux et la préservation de la souveraineté des États. Le Maroc, en s’opposant à cette résolution, devient donc une exception notable au sein du continent.

Cette position soulève des questions sur les motivations réelles de Rabat. Sans explication officielle, il est difficile d’attribuer ce choix à une simple volonté de rapprochement avec Washington. Certains analystes y voient un alignement ponctuel, d’autres un repositionnement plus large dans la diplomatie marocaine.

Un changement de vote qui interroge les observateurs

Le scrutin de 2026 prend une dimension supplémentaire : selon les rapports disponibles, le Maroc s’était abstenu lors des votes précédents avant de basculer contre la résolution cette année. Ce revirement s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays, comme l’Allemagne et l’Italie, abandonnent leur soutien passé pour une position plus neutre ou défavorable à la levée de l’embargo.

Cette évolution ne reflète pas nécessairement une convergence des intérêts, mais bien des calculs diplomatiques distincts. Pour le Maroc, l’absence de justification publique rend l’analyse complexe. La position marocaine doit-elle être interprétée comme un désaveu de la politique américaine, une priorité accordée à d’autres enjeux, ou une stratégie indépendante ?

Cuba sous embargo : un dossier historique aux enjeux persistants

Depuis 1962, le blocus imposé par les États-Unis pèse sur l’économie cubaine. Ses conséquences dépassent les frontières de l’île : pénuries, crise énergétique et difficultés d’approvisionnement marquent le quotidien des Cubains. Pour Washington, cet embargo reste un outil de pression politique, justifié par des désaccords idéologiques et des questions de droits humains. Cuba, de son côté, dénonce une violation de sa souveraineté et une entrave à son développement économique.

La résolution de l’ONU, bien que majoritaire, n’a aucun caractère contraignant. La levée définitive de l’embargo dépend toujours du Congrès américain. Pourtant, chaque vote à l’ONU renforce la légitimité internationale de La Havane dans ce conflit diplomatique.

Entre solidarité continentale et divergences stratégiques

L’Afrique, dans sa grande majorité, continue de soutenir Cuba face à l’embargo. Le vote marocain, en s’opposant à cette tendance, rappelle que les alliances diplomatiques ne sont pas figées. Chaque État ajuste ses positions en fonction de ses intérêts nationaux, souvent indépendamment des consensus continentaux.

Pour Rabat, l’enjeu est désormais de clarifier sa démarche. Une explication officielle permettrait de mieux comprendre les raisons de ce choix et ses implications pour la diplomatie marocaine. En attendant, cette position insolite à l’ONU marque un tournant dans les équilibres traditionnels, tant en Afrique qu’à l’échelle internationale.

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