Le Maroc a réitéré, lors d’une session du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS UA) à Marrakech, son soutien indéfectible au Mali après les attaques terroristes et séparatistes qui ont frappé le pays le week-end dernier. Une condamnation ferme a été exprimée par la délégation marocaine, qui a exprimé sa compassion envers les familles des victimes et le peuple malien.
Un engagement clair en faveur de la stabilité malienne
La position marocaine a été réaffirmée avec force : le royaume soutient la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale du Mali. Une mobilisation des fonds nécessaires a été appelée pour permettre une réponse rapide et adaptée, en coordination étroite avec les autorités maliennes. Cette prise de position s’inscrit dans la continuité d’une réaction immédiate, quelques heures seulement après les attaques du 25 avril.
Des attaques d’une ampleur sans précédent
Les assauts coordonnés, menés par des groupes affiliés à Al-Qaïda (JNIM) et des séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA), ont ciblé sept villes, dont Bamako, Kati et Gao. Parmi les conséquences majeures, on note la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, dans un attentat-suicide à Kati, ainsi que la disparition du chef de la junte, le général Assimi Goita. La ville stratégique de Kidal est également tombée sous le contrôle des rebelles, poussant les mercenaires du Corps russe en Afrique à se retirer.
Alger et le Mali : une relation sous tension
Si le Maroc a rapidement affiché son soutien à Bamako, les observateurs pointent désormais du doigt ce qu’ils qualifient de « guerre par procuration » menée par l’Algérie. Une escalade qui coïncide avec la décision souveraine du Mali, prise il y a deux semaines, de retirer sa reconnaissance du « SADR » et de soutenir officiellement le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental.
Cette décision a été perçue comme une insubordination stratégique par Alger, dont la politique africaine repose en grande partie sur l’instrumentalisation du conflit du Sahara occidental. Les analystes s’accordent à dire que les attaques d’avril n’ont pas surgi dans un vide géopolitique : elles constitueraient une réponse punitive à la rupture malienne avec l’influence algérienne.
L’Algérie accusée de déstabilisation régionale
Bamako a à plusieurs reprises dénoncé le rôle d’Alger dans le financement et l’armement de groupes séparatistes, ainsi que dans des ingérences hostiles dans ses affaires internes. Ces accusations ne sont pas infondées : l’Algérie entretient historiquement des liens étroits avec des factions comme le Polisario, un modèle que certains estiment être désormais appliqué au Mali.
Parallèlement, les médias algériens ont mené une campagne de désinformation coordonnée peu après le début des attaques, amplifiant les récits séparatistes, gonflant les chiffres des pertes militaires maliennes et diffusant des informations non vérifiées sur le sort des dirigeants. Cette offensive informationnelle visait clairement à envoyer un message de dissuasion : un coût à payer pour quitter l’orbite algérienne.
Une opposition radicale entre Rabat et Alger
Alors que le Maroc prône une logique de partenariat sans condition avec les pays du Sahel, l’Algérie semble privilégier une approche de coercition et de subordination. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a souligné cette différence lors d’une conférence de presse en juin 2024 : « Les pays du Sahel n’ont pas besoin de tuteurs, mais de partenaires ».
Face à ces tensions, le Maroc et le Mali renforcent leurs liens, tandis que les accusations contre Alger se multiplient. Une situation qui place le Mali au cœur d’un nouveau front géopolitique en Afrique de l’Ouest.