une décision judiciaire qui redéfinit l’affaire Aziz
La Haute juridiction mauritanienne a tranché : elle annule partiellement l’arrêt rendu par la Cour d’appel de Nouakchott, mais conserve les chefs d’accusation liés à l’enrichissement illicite et au blanchiment. Deux autres charges, l’abus de pouvoir et le trafic d’influence, ont été écartées. Toutefois, la peine de 15 ans de prison ferme, prononcée en appel, reste en vigueur.
vers une issue politique ou une grâce présidentielle ?
Cette décision pourrait marquer la fin du parcours judiciaire de l’ancien président, ouvrant la voie à une possible grâce présidentielle. L’implication de la société civile mauritanienne et des alliés internationaux du pays pourrait jouer un rôle clé dans cette éventualité.
une relation historique entre deux figures politiques
L’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz et son successeur, Mohamed Cheikh Ghazouani, partagent une amitié de près de 40 ans. Tous deux sont d’anciens officiers généraux formés au Maroc, un détail qui ajoute une dimension particulière à cette affaire.
les réactions des acteurs judiciaires et de la société civile
Me Lô Gourmo, avocat au sein du collectif de défense de l’État et partie civile, précise : « La Cour suprême infirme partiellement la décision de la Cour d’appel en rejetant deux charges, mais valide les éléments centraux du dossier : l’enrichissement illicite, le blanchiment et le recel. Ces chefs d’accusation justifient pleinement la condamnation à 15 ans de prison ferme. »*
Il précise également qu’une condamnation pour abus de pouvoir ou trafic d’influence aurait pu entraîner une inéligibilité, en application de l’article 93 de la loi fondamentale, déjà écarté par le Conseil constitutionnel.
une organisation anti-corruption critique
Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de Mauritanie Transparency, souligne : « Nous espérions un procès plus large, incluant tous les responsables ayant détourné les fonds publics. Beaucoup de personnalités sont impliquées, mais seul le cas d’Aziz a été retenu. »* Il ajoute que cette affaire, malgré ses limites, pourrait inaugurer une nouvelle ère dans la gouvernance du pays.