Un exode massif touche le Niger, où plus d’un million de personnes sont déplacées
Au Niger, la situation humanitaire se dégrade rapidement avec plus d’un million de personnes en situation de déplacement forcé, selon les dernières données de l’ONU. Parmi elles, près de 550 000 sont des déplacés internes, majoritairement concentrés dans deux régions du sud du pays, victimes de l’insécurité croissante. Les autres sont des réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires du Nigeria, du Mali et du Burkina Faso.
Cette crise touche particulièrement les populations les plus vulnérables : plus de la moitié des déplacés sont des enfants, tandis que 23 % sont des femmes. Une hausse annuelle de 8 % des déplacements internes a été enregistrée, signe d’une dégradation continue de la situation.
Les données, bien que partielles, révèlent une tendance alarmante, les autorités nigériennes validant de manière irrégulière les chiffres, ce qui limite l’analyse précise de la crise.
Tillabéri et Diffa, les régions les plus touchées par l’insécurité
Le Tillabéri, situé au sud-ouest du Niger, concentre à lui seul 45 % des déplacés internes. Cette région, en proie à une détérioration marquée de la sécurité, subit des attaques récurrentes contre les civils et les forces de défense, entraînant des déplacements massifs. Les risques en matière de protection y sont particulièrement élevés, notamment dans les zones frontalières.
Le Diffa, à l’est du pays, accueille quant à lui un tiers des déplacés. Cette région, elle aussi sous la pression de groupes terroristes, subit une pression constante qui aggrave les conditions de vie des populations.
447 000 réfugiés et demandeurs d’asile accueillis au Niger
En plus des déplacés internes, le Niger héberge 447 000 réfugiés et demandeurs d’asile, dont plus de la moitié sont des enfants. La majorité viennent du Nigeria, suivis par ceux en provenance du Mali et du Burkina Faso. Leur nombre a augmenté de 3 % en un an, en partie grâce à l’intensification des activités d’enregistrement.
Cette afflux s’inscrit dans un contexte régional marqué par une violence accrue contre les populations civiles, des déplacements massifs et une insécurité alimentaire grandissante. Le Sahel, qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, est particulièrement affecté par cette crise humanitaire sans précédent.