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Niger : l’activiste Nassirou Bodo derrière les barreaux pour ses critiques envers la junte

L’activiste Nassirou Bodo incarcéré après des prises de position virulentes contre la junte nigérienne

Un militant nigérien connu pour ses positions critiques à l’égard du pouvoir en place a été placé sous mandat de dépôt et incarcéré à la prison de Niamey. Nassirou Bodo, activiste engagé, a été ciblé par les autorités après avoir partagé sur Facebook des messages jugés subversifs, selon les informations recueillies auprès de sources locales.

L'activiste Nassirou Bodo incarcéré après ses critiques contre la junte au Niger

Une détention dans un contexte de restrictions accrues des libertés

Nassirou Bodo a été présenté devant le parquet avant d’être écroué à la maison d’arrêt de Niamey. « Il a été placé sous mandat de dépôt après sa présentation au parquet », a indiqué un média en ligne local. Une figure de la société civile, Kaka Touda, a également confirmé son incarcération via Facebook, sans préciser les raisons exactes de cette détention, qui fait suite à une garde à vue policière.

Des appels à la protestation jugés menaçants par les autorités

L’activiste est poursuivi pour « diffusion de données de nature à troubler l’ordre public », une accusation souvent utilisée contre les opposants au régime militaire en place depuis juillet 2023. Dans une publication récente, Nassirou Bodo avait appelé les Nigériens à organiser des « actions de protestation et de désapprobation de la violence sociale exercée par l’État sur les populations » pour une durée d’un an, renouvelable à partir du 1er juin.

Parmi les griefs formulés, il évoquait notamment « l’insécurité persistante dans plusieurs régions » ainsi que « les déguerpissements injustes », comme celui des habitants de l’emprise de l’aéroport de Niamey, ciblés après une attaque terroriste revendiquée par l’État islamique au Sahel (EIS) en janvier 2024. Les autorités justifient ces expulsions par la nécessité de sécuriser la capitale face à la « menace terroriste ».

Un climat répressif envers les voix dissidentes

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le Niger traverse une période marquée par une montée des restrictions envers les médias et la société civile. Plusieurs journalistes et militants ont été arrêtés, condamnés pour diffamation, atteinte à la sûreté de l’État ou même complot contre les autorités. Selon l’ONU, 13 journalistes avaient été arrêtés en 2025, dont trois ont été libérés début mai après plusieurs mois de détention.

Cinq autres journalistes restent incarcérés, tandis que Moussa Tchangari, une personnalité emblématique de la société civile, purge toujours une peine depuis décembre 2024 pour « apologie du terrorisme et atteinte à la sûreté de l’État ».

Les tensions persistent dans un pays en proie à une insécurité chronique, alimentée par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Dans ce contexte, la répression des voix critiques semble s’intensifier, soulevant des questions sur l’avenir des libertés fondamentales au Niger.

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